Emmanuel KANT

immanuel-kant

img437

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est nécessaire de se préparer avant d’aborder ce type de philosophe. Comprendre le vocabulaire, les idées directrices, s’en imprégner, ensuite seulement passer à une lecture « profitable ». En effet, lire les grands philosophe, c’est essayer de comprendre leurs idées, leurs pensées, c’est nous permettre de mieux nous connaître, de mieux connaître le monde, de progresser, nous devons en retirer un bénéfice ontologique.

Bibliographie ordonnée pour notre approche :

-        De la forme et des principes du monde sensible et du monde intelligible (dissertation de 1770).

-        Critique de la raison pure (1781)

-        Prolégomènes à toute métaphysique future qui voudra se présenter comme science (1785)

-        Fondation de la métaphysique des mœurs (1785)

-        Critique de la raison pratique (1788)

-        Critique de la faculté de juger (1790)

-        Sur le mal radical (1792)

-        La religion dans les limites de la simple, raison (1793).

Je vous propose une synthèse du livre écrit par Georges Pascal « Pour connaître la pensée de Kant ».

Rappels

3 grandes périodes :

1-1756 à 1770 : les idées de Kant prennent forme, Hume, puis Rousseau élargissent sa pensée.

2-1770 à 1790 : la philosophie kantienne apparaît. « Formes et principes du monde sensible et du monde intelligible » phénomènes et noumènes.

Kant conseille d’aborder son œuvre par la dissertation de 1770.

De 1780 à 1790 apparaissent les grands chefs d’œuvre :

. Critique de la raison pure (1781)

. Prolégomènes à toute métaphysique future qui voudra se présenter comme science (1783).

. Fondements de la métaphysique des mœurs (1785).

. Critique de la raison pratique (1788).

. Critique du jugement (1790).

1773-1790 la philosophie kantienne est achevée, mais Kant continue de produire des écrits philosophiques.

Le coeur de la pensée kantienne:

Notre raison ne peut se borner à l’expérience, nous sortons toujours des limites (âme, Dieu…), et là nous sommes livrés à nous-même.

Kant veut résoudre ce problème par la philosophie et la raison contre le scepticisme. Quelles sont les possibilités de la raison ? Il faut reprendre la connaissance de soi-même et être à même de repousser tout ce qui est sans fondement, c’est la critique de la raison pure elle-même.

Il faut donc chercher dans la raison elle-même les règles et les limites de son activité afin de savoir dans quelle mesure nous pouvons lui faire confiance. La matière est a postériori, la forme a priori. Il y a des connaissances a priori et à posteriori.

Le jugement analytique et synthétique.

Les formes a priori sont les cadres universels et nécessaires à travers lesquels l’esprit humain saisit le monde. A cela s’ajoute réceptivité, sensibilité, faculté des concepts et intuitions.

Transcendantal  « j’appelle transcendantal toute  connaissance qui ne porte point en général sur les objets mais sur notre manière de les connaître en tant que cela est possible a priori ».

« Aucune connaissance ne précède en nous l’expérience, et toutes commencent avec elle »

Phénomènes : ce sont les choses telles que nous les connaissons.

Noumènes : ce sont les choses en soi telles quelles sont indépendamment de la connaissance que nous en avons.( nous ne pouvons pas savoir en eux-mêmes ce que sont le monde et l’âme, mais nous pouvons les penser comme nous voulons).

La sensibilité est la faculté des intuitions, l’entendement est la faculté des concepts.

Il y a deux formes pures de l’intuition sensibles comme principes de la connaissance a priori : l’espace et le temps.

L’espace n’existe dans les choses qu’autant qu’on les perçoit. On ne peut parler d’espace et d’êtres étendus qu’au point de vue de l’homme, mais qu’en revanche pour l’homme, il n’y a d’objets perçus que dans l’espace. Le temps n’est pas quelque chose qui existe en soi ou qui soit inhérent aux choses comme une détermination objective et qui, par conséquent subsiste quand on fait abstraction de toutes les conditions subjectives de leur intuition… « le temps n’est autre que la forme du sens interne, c’est-à-dire de l’intuition de nous-même et de notre état intérieur ».

Tout ce qui nous et donné sera toujours relatif à nous-même. De ces deux propriétés, aucune n’est préférable à l’autre. Sans la sensibilité nul objet ne nous serait donné, sans l’entendement nul objet serait pensé. Des pensées sans matière sont vides, des instructions sans concepts sont aveugles.

La logique transcendantale est une logique des formes de l’entendement en tant qu’elles sont constructives de l’expérience. Deux divisions, la logique analytique, une logique de vérité et la logique dialectique, une logique de l’apparence. Toutes deux peuvent être transcendantales. La logique analytique transcendantale, aucun objet ne peut être pensé. La logique dialectique transcendantale, critique de l’entendement et de la raison, pour mettre a nu les erreurs et se protéger des illusions.

On peut dire que penser c’est juger, c’est-à-dire établir des relations entre des représentations, les ramener à l’unité. Si bien qu’en déterminant les fonctions de l’unité dans les jugements on trouvera toutes les fonctions de l’entendement.

Kant appelle déduction transcendantale la démonstration qui établit que les objets connus dans l’expérience sont nécessairement conformes à des formes a priori. Quoique je pense c’est moi qui pense et je ne puis me retrouver le même dans toutes mes représentations. Comme le seul mode d’intuition pour l’homme est l’intuition sensible, il en résulte que nous ne pouvons rien connaître au-delà de l’expérience.

« Je ne me connais nullement comme je suis, mais seulement comme je m’apparais à moi-même. La conscience de soi-même est donc bien loin d’être une connaissance de soi-même ».

L’analytique des principes   a pour but de montrer comment s’appliquent à l’expérience les principes de l’entendement. C’est une doctrine transcendantale du jugement. L’unité objective de la conscience aux catégories de la quantité correspond les axiomes de l’intuition. « Toutes les intuitions sont de grandeurs extensives ». Je ne puis tracer une ligne sans la tracer par la pensée, c’est-à-dire sans en produire successivement toutes les parties.

Aux catégories de la qualité correspondent les anticipations de la perception. « Dans tous les phénomènes le réel qui est un objet de sensation, à une grandeur intensive ».

Grandeur intensive, un degré d’influence sur le sens et pour anticipation un jugement que nous portons sur les objets de l’expérience avant de les avoir perçus.

« L’expérience n’est possible que par la représentation d’une liaison nécessaire des perceptions ».

Les trois modes du temps sont : la succession, la simultanéité, la permanence.

Postulat : proposition par laquelle l’entendement se donne son objet en en produisant le concept.

Les postulats de la pensée empirique répondent aux catégories de la modalité et prennent trois formes. Il ne faut pas se tromper sur le degré de son affirmation et distinguer ce qui est présumé (le possible) ce qui est constaté (le réel) et ce qui est compris (le nécessaire).

« j’ai conscience de mon existence comme déterminé dans le temps ». « l’expérience interne elle-même n’est possible que médiatement et par le moyen de l’expérience externe » Il faut bien distinguer penser et connaître, phénomène et noumène.

La raison pure, c’est la recherche de l’inconditionné considérée comme la condition dernière de toutes les conditions.

Trois recherches : 1ère recherche, celle du sujet qui ne soit que sujet, elle aboutit à l’idée de l’unité absolue du sujet pensant, c’est-à-dire à l’idée d’âme.

2ème recherche, celle d’une cause qui ne soit que cause, elle aboutit à l’idée absolue de la série des conditions du phénomène, c’est-à-dire à l’idée de monde.

3ème recherche, celle de la détermination de tous les concepts par rapport à un concept suprême qui les contient tous, elle aboutit à l’idée de l’unité absolue de la condition de tous les objets de la pensée en général, c’est-à-dire à l’idée de Dieu.

                                   Ces raisonnements sont des sophismes.

Ces trois divisions correspondent à trois questions fondamentales de la métaphysique :

1-l’immortalité (que prétend établir la psychologie rationnelle).

2-La liberté (dont la cosmologie rationnelle voudrait dire si elle est ou pas).

3-Dieu (dont la théologie rationnelle cherche à prouver l’existence).

La psychologie rationnelle prétend nous faire connaître la nature du sujet. La cosmologie rationnelle prétend déterminer l’univers considéré dans sa totalité. La théologie rationnelle nous fait assister au suprême effort d’unification de la raison au passage en quelque sorte de l’un à l’unique.

Kant pense qu’il y a les dogmatiques qui pense qu’il y a un « être » absolument nécessaire pour expliquer la cause du monde, et les empiriques qui pense qu’il n’existe nulle part aucun être absolument nécessaire ni dans le monde ni hors du monde, comme étant la cause.

Par notre caractère empirique nous appartenons à la nature et nos actes sont soumis à la loi du déterminisme universel, par le caractère intelligible nous échappons au monde des phénomènes et nous sommes libres.

La sagesse est une idée, le sage un idéal. On ne peut passer de l’essence à l’existence que par l’expérience, c’est-à-dire le recours à l’intuition. L’existence s’éprouve, elle ne se prouve pas.

Arguments ontologiques.

La preuve cosmologique  elle conclut de l’existence contingente du monde l’existence de Dieu.

La preuve physico-théologique. Nous constatons dans les choses, ordre et harmonie, et la cause de cet ordre et de cette harmonie, n’est pas dans les choses même, il faut donc conclure à l’existence d’un sage ordonnateur, un architecte, et non d’un créateur.

«  Dans ce refus de notre raison de donner une réponse aux questions indiscrètes qui dépassent notre vie, elle (la raison pratique) nous montre un avertissement de détourner notre étude de nous-même de la spéculation transcendantale, qui est infructueux pour l’applique à l’usage pratique ».

La loi morale

S’il est impossible de démontrer spéculativement l’immortalité de l’âme, la présence de la liberté dans le monde, ou l’existence de Dieu, il est impossible de démontrer spéculativement que l’âme est mortelle, qu’il n’y a aucune cause libre et que Dieu n’existe pas.

Ce résultat laisse le champ libre à la raison pratique et à la foi.

L’homme est pris dans le monde des phénomènes mais il échappe à ce monde par un caractère intelligible.

Les fondements de la métaphysique des mœurs.

Son objet : la recherche et l’établissement du principe suprême de la moralité.

C’est un préliminaire à la raison pratique.

« De tout ce qu’il est possible de concevoir dans le monde, et même en général hors du monde, il n’est rien qui puisse sans restriction être tenu pour bon, si ce n’est seulement une bonne volonté ».

Qu’est-ce qui fait qu’une volonté est bonne ?

C’est la nature même du vouloir. Il faut mettre en parallèle le concept de devoir. La bonne volonté c’est la volonté d’agir par devoir.

Ainsi s’oppose le point de vue de la légalité et celui de la morale qui réside dans la pureté d’intention. Ce n’est pas ce que je veux atteindre qui fait la valeur morale de mon acte mais la raison pour laquelle je veux l’atteindre.

Quand je me demande ce que ferait à ma place n’importe quel être doué de raison, c’est que je cherche à savoir si la maxime de mon action pourrait être une maxime universelle. Le devoir est une idée de la raison. Ce n’est pas un concept empirique : c’est un ordre a priori de la raison.

La volonté n’obéit à la raison que contrainte par elle et non naturellement comme elle le ferait si elle était pure. C’est pourquoi les lois de la raison apparaissent à la volonté comme des impératifs.

. Les impératifs hypothétiques représentent une action comme nécessaire pour arriver à une certaine fin.

. Les impératifs catégoriques nous donnent une action pour nécessaire en elle-même, inconditionnellement.

L’habileté donne des règles, la prudence des conseils, la moralité des commandements ou lois. « agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle ». « Agis comme si la maxime de ton action devait être érigé par ta volonté en loi universelle de la nature ».

Nous en feignons toujours une loi morale, avec l’idée de faire seulement une exception en notre faveur. Telle est l’immoralité. « Agis de telle sorte que tu traites l’humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps comme une fin et jamais simplement comme un moyen ».

Le principe d’autonomie, nous obéissons à la loi parce que nous nous donnons à nous-même cette loi. Ainsi qu’est-ce qui fait une bonne volonté ?

« Est absolument bonne volonté qui ne peut être mauvaise, dont par suite la maxime, quand elle est convertie en loi universelle, n peut jamais se contredire elle-même ».

Critique de la raison pratique.

Raison liée à l’empirisme. La loi morale n’a de sens que si l’homme est libre. L’homme est soumis aux lois de la causalité en tant qu’il appartient au monde sensible, mais d’autre part, il a conscience de son existence en tant qu’être libre dans un ordre intelligible des choses.

La raison pratique ne peut avoir que deux objets : le bien et le mal. Il faut d’abord poser la loi morale, pour déterminer par elle le bien et le mal. « Si la maxime de l’action n’est pas d’une nature telle qu’elle soutienne l’épreuve de la forme d’une loi naturelle en général elle est moralement impossible ».

La loi morale humilie notre égoïsme, mais force notre respect. « Il n’y a point antérieurement dans le sujet de sentiments qui le déterminerait à la moralité ».

C’est en agissant par devoir qu’on mérite le respect.

« tel est le véritable mobile de la raison pratique : il n’est autre que la pure loi morale elle-même, en tant qu’elle nous fait sentir la sublimité de notre propre existence suprasensible et que subjectivement, dans des hommes qui ont conscience en même temps de leur existence sensible et de la dépendance qui en résulte pour eux relativement à leur nature en tant qu’elle est pathologiquement affectée, elle produit du respect pour leur plus haute détermination ».

La distinction entre le caractère intelligible et le caractère sensible de l’homme permet de résoudre encore un autre problème : le déterminisme théologique. La vertu dépend de la loi morale, le bonheur des lois naturelles, l’une ne pouvant produire l’autre.

« le souverain bien n’est pratiquement possible que dans la supposition de l’immortalité de l’âme, par conséquent celle-ci, comme inséparablement liée à la loi ,morale, est un postulat de la raison pratique pure ».

Le second postulat de la raison pratique est l’existence de Dieu. Le bonheur suppose un accord entre l’ordre de la nature, les désirs de l’homme et la loi morale. Or cela n’est pas possible pour l’homme, il faut donc concevoir une cause suprasensible qui puisse faire le lien.

Le troisième postulat : la liberté, l’homme ne peut être moral, c’est-à-dire réaliser le souverain bien que s’il est libre.

Tous ces postulats sont des hypothèses. Si notre pouvoir de connaissance s’étendait jusqu’au monde supra sensible, il n’y aurait plus de moralité, l’homme agirait conformément à la loi par crainte ou espérance, et plus par devoir. Ainsi disparaîtrait ce qui fait la valeur de l’homme : la bonne volonté.

La métaphysique des mœurs

La critique étudie le fondement de la législation naturelle ou morale, la métaphysique étudie l’application de cette législation à l’expérience. Pour cela il faut lire le chapitre : « méthodologie de la raison pure pratique » à la fin de la critique de la raison pratique.

La métaphysique des moeurs

    Doctrine du droit                                       Doctrine de la vertu

Droit public- droit privé                   Introduction –une doctrine élémentaire une méthodologie  

    Droit cosmopolitique                       Devoirs envers soi-même     devoirs envers les autres                                                                                                   

Le mensonge c’est une déclaration volontairement fausse faites à un autre homme. La véracité est un devoir qui doit être regardé comme la base de tous les devoirs fondés sur un contrat, et que si l’on admet la moindre exception dans la loi de ces devoirs, on la rend chancelante et inutile. Il ne faut pas que le droit se règle sur la politique, mais bien la politique sur le droit.

Cf. « la paix perpétuelle » projet paru en 1795.

L’homme, le monde et Dieu

Critique de la faculté de juger ou critique du jugement paru en 1790. Pour Kant la philosophie théorique a pour objet la nature, concerne la connaissance et relève de l’entendement. La philosophie morale a pour objet la liberté, concerne l’action et relève de la raison.

. Comment peut-on accorder la causalité et la finalité ?

. Comment peut-on passer de l’ordre de la liberté à celui de la nature ?

La solution serait dans le jugement.

Les trois facultés de l’âme humaine :

-        la faculté de connaître,

-        le sentiment de plaisir et de peine,

-        la faculté de désirer (forme inférieur le désir, supérieur la volonté).

Le jugement : faculté de penser le particulier comme contenu dans le général. Si le général est donné le jugement est déterminant, si le particulier seul est donné le jugement est réfléchissant.

L’idée de finalité est un concept a priori régulateur, il se présente sous deux formes :

. Le jugement esthétique, accord entre un objet de la nature et nos propres facultés.

. Le jugement téléologique, argument en faveur de l’existence de Dieu, jugement de finalité.

L’analytique du beau.

Le beau est l’objet d’une satisfaction désintéressée. « Est beau ce qui plaît universellement sans concept » Kant considère deux beautés, la beauté libre, la beauté simplement adhérente. L’analytique du sublime. Si le beau porte sur un objet limité fini, et fait naître en nous un « sentiment de vie intensifiée » le sentiment du sublime porte sur l’illimité et donne le sentiment d’un arrêt momentané des forces vitales…

Le sentiment du beau se rattache à l’entendement, celui du sublime relève de la raison. Le domaine de la raison est, en effet celui de l’absolu, du suprasensible.

Il y a sublime sans la mesure où nous avons conscience de pouvoir surmonter la nature et en nous aussi bien que hors de nous. Le sentiment de sublime exige « une culture beaucoup plus développée, non seulement du jugement esthétique, mais aussi des facultés de connaître sur lesquelles il se fonde ». Les jugements esthétiques sont possibles, car ils dépendent d’une espèce de sens commun à tous les hommes qui le goût.

La dialectique du jugement esthétique.

Les antinomies nous obligent à nous élever au-dessus du sensible pour chercher dans le suprasensible ce qui seul peut « mettre la raison d’accord avec elle-même.

Dans une production, c’est l’idée du tout qui engendre les parties dans un être vivant au contraire la nature s’organise elle-même de telle façon que les parties forment un tout.

Le jugement téléologique.

L’explication mécaniste des phénomènes doit être poussée aussi loin que possible, parce que seuls sont vraiment objet de connaissance, les phénomènes dont elle rend compte. Mais là ou cette explication devient insuffisante on peut, on doit même lui superposer l’explication finaliste, sans toutefois considérer que cette dernière nous fournisse une connaissance à proprement parler.

Nous concevons donc un « entendement intuitif », c’est par lui que nous cherchons à comprendre la nature selon le principe de finalité.

La critique de la raison pure, concluait que la connaissance humaine ne saurait s’élever au-delà du monde sensible.

La critique de la raison pratique, concluait que la conduite humaine n’aurait pas de sens, si l’on ne supposait un monde intelligible.

La 3ème critique nous montre qu’entre l’entendement source de nos connaissances et la raison, principe de nos actions, il existe une faculté intermédiaire, le jugement qui pour fonction de penser le monde sensible par référence au monde intelligible.

La religion dans les limites de la simple raison.

Si la morale n’a pas besoin d’un « être supérieur » pour connaître son devenir, elle conduit immanquablement à la religion, en extrapolant vers un « législateur moral universel ».

Le mal radical.

Dans cet ouvrage Kant a composé 4 dissertations :

. La 1ère dissertation : de l’inhérence du mauvais principe à côté du bon ou du mal radical dans la nature humaine. L’homme est mauvais : il a conscience de la loi morale et il a cependant admis, dans sa maxime de s’en écarter (à l’occasion). Faire passer les passions avant la raison, voilà le mal. Comment combattre cela ? Kant nous dits : « la formation morale de l’homme ne doit pas commencer par l’amélioration de la mentalité et la formation d’un caractère ».

. 2ème dissertation : lutte du bon principe avec le mauvais, pour la domination dur l’homme. La perpétuelle défiance des actions humaines doit être compensée par la pureté des intentions. Pour son amélioration morale, l’homme ne doit compter sur aucun miracle mais seulement sur lui-même, celui qui écoute sa raison. Le Christ idéal moral, exemple à essayer de suivre. Mais Kant prétend que l’hypothèse d’une origine divine n’est d’aucun avantage au contraire.

. 3ème dissertation, triomphe du bon principe sur le mauvais : établissement d’un royaume de Dieu sur terre. L’homme ne peut espérer autre chose que de se délivrer du mauvais principe, le combat est permanent.

. 4ème dissertation : du vrai et du faux culte sous la souveraineté du bon principe, ou de la religion et du sacerdoce. Kant distingue la religion révélée et le religion naturelle. La première reconnaît comme devoir un commandement divin, la seconde reconnaît comme commandement divin un devoir. Le faux culte intervient dès que la foi statutaire n’est plus subordonnée à la foi naturelle, à la foi morale, dès qu’elle n’est plus un véhicule de celle-ci, mais qu’elle devient une fin en soi. L’homme est seul avec sa conscience et il n’y a pas de favoris du ciel. Nous avons tous les mêmes armes pour un même combat, et chacun fait son propre salut.

Pour conclure.

Les trois soucis du kantisme : le souci critique, le souci positif, le souci moral.

« les élèves doivent aller à l’école non pour y apprendre des pensée, mais pour y apprendre à penser et à se conduire ».

Kant s’est donné pour tâche en tant que philosophe de répondre à ces trois questions :

                                                                    Que puis-je savoir ?

                                                                    Que dois-je faire ?

                                                                    Qu’ai-je le droit d’espérer ?

 

Georges Pascal est Agrégé de philosophie. Docteur ès lettres et sciences humaines.
Professeur à l'Université des sciences sociales de Grenoble (de 1958 à 1990).
Président de l’Association des Amis d’Alain jusqu’en 2002, a consacré une large partie de son oeuvre bien remplie et de son action philosophique à l’oeuvre d’Alain.