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Gilles DELEUZE répondait à la question : c’est quoi être de gauche et être de droite ? Etre de gauche, c’est d’abord prendre en compte le monde, puis son continent, puis son pays, puis sa ville, puis son quartier, puis sa rue. Etre de droite, c’est le contraire.

C’est la vision de gauche qui désormais prédomine, la droite allant dans le même sens souvent dans bien des domaines. La mondialisation l’a emporté, l’avènement d’internet est une révolution aussi importante que l’écriture et l’imprimerie. Comme l’écrit Michel Serres « Sans que nous nous en apercevions, un nouvel humain est né, pendant un intervalle bref, celui qui nous sépare des années 70 ».

A partir de ces constats, Éric ZEMMOUR retrace ces 40 dernières années à travers des faits de société, des productions artistiques, des idéologies, une géopolitique qu’il faut aussi décrypter. Il passe souvent par le micro pour expliquer le macro. Ce livre fait polémique parce que nous sommes dans une période de transition, un changement d’ère qui engendre des mouvements de population, une autre façon de penser, un changement si radical qu’il est générateur de violences, d’angoisses, et tout cela est très légitime.

Peut-on dire que c’était mieux avant ? Non, que ce sera mieux demain, plus juste, plus agréable ? Non. Nous avançons vers l’inconnu, et le plus difficile à vivre est cette transition terrible que nous devons et devrons affronter assez longtemps et durement. Mais c’est nous qui ferons demain.

Ostraciser le livre d’Éric ZEMMOUR ou d’un autre sans l’avoir lu et réellement lu est stupide ou idéologique. Une phrase prise dans un chapitre et la polémique est ouverte, on jette les pierres sur le bouc-émissaire bien utile pour montrer que les bonnes idées, le bien, c’est chez nous les « bien-pensants!

Il faut prendre conscience que beaucoup d’individus ne sont pas prêts, s’opposent, souffrent, de ces mutations naturelles et pour certaines imposées. Mutations économiques, sociétales, le tout asséné à coup de lois, de directives européennes, d’idéologie d’une minorité se croyant détentrice de la vérité. Avant de plonger dans les passages du livre, je termine cette introduction par une pensée de Marcel GAUCHET qui expliquait à Mazarine PINGEOT et Frantz-Olivier GISBERT qui se demandaient si on pouvait encore parler de HEIDEGGER considérant son attitude durant la seconde guerre mondiale, « qu’on peut réprouver moralement certains actes, certaines idées, mais qu’on ne devait pas s’interdire intellectuellement d’en débattre ».

J’ai décidé de commenter ce livre sur le blog, parce que je l’ai jugé digne d’intérêt, et parce que je suis un défenseur de la liberté d’expression d’une façon large. Pour ce qui ne doit pas être acceptable, il y a des lois. Le livre est très dense, argumenté. Beaucoup l’ont commenté mais très peu l’ont lu comme le rappelle Philippe BILGER, et je crois que moins encore l’ont lu et analysé.

En 40 ans, le monde s’est totalement transformé avec internet, les nouvelles technologies. Le monde ancien est mort, le nouveau n’est pas encore vraiment là. Nous vivons dans un entre-deux très difficile pour certaines générations qui ne se comprennent plus, ne vivent plus la même chose, ne perçoivent plus les mêmes choses. Éric ZEMMOUR décrit une société française qui s’éteint, il semble nostalgique et le regretter. C’est compréhensible, car le processus est en marche et il ne sera pas possible de l’arrêter.

C’est pour cela qu’il faut aborder cet ouvrage avec sérénité, en observateur, pour comprendre également les mouvements complexes de notre société, ainsi que les motivations profondes d’hommes à la fois altruistes et cupides, loups  pour certains agneaux pour le plus grand nombre, mais surtout responsables de leurs actes.

Les phrases entre guillemets sont tirées du livre d’Éric ZEMMOUR, mes commentaires en italique, les citations en bleu.

 

1970

« De GAULLE clôturait la glorieuse série des hommes providentiels français ouverte 150 ans plus tôt par BONAPARTE, spécialité française comme le camembert ou le Gevrey-Chambertin. A la mort du Général une page se tournait mais son empreinte demeurait présente encore de longues années. »

4 juin 1970. « C’est à partir des années 70 que le pédopsychiatre Aldo NAOURI commença à voir les effets qu’avait sur les enfants la disparition du père. La destruction de la famille occidentale arrive à son terme. Nous revenons peu à peu vers une humanité d’avant la loi qu’elle s’était donné en interdisant l’inceste : une humanité barbare, sauvage, inhumaine. L’enfer au nom de la liberté, de l’égalité. L’enfer au nom du bonheur. PASCAL nous avait prévenu : « qui fait l’Ange fait le bête ». 

Détruire ce modèle qui semble avoir produit une certaine forme d’équilibre, n’est-ce pas ouvrir la boîte de PANDORE ? Toute remise en cause n’est pas nécessairement positive ? La réflexion de PASCAL était d’une grande profondeur. »

« La propagande consumériste mina la culture traditionnelle du patriarcat, les publicitaires, sociologues, psychologues s’allièrent aux femmes et aux enfants contre les pères qui contenaient leurs pulsions consommatrices ».

Le 16 juillet 1971 trahison des pairs.

« Annulation de la loi MARCELLIN réglementant la liberté d’association par le Conseil Constitutionnel. Les juges prennent le « pouvoir ». Le général de GAULLE a dit ceci : « Souvenez-vous de ceci, avait-il prévenu. Il y a d’abord la France, ensuite l’Etat, enfin autant que les intérêts majeurs des deux sauvegardés, le droit ». « Depuis sa mort, nous avons retourné la pyramide… ».

15 août 1971. Fin du pair.

« Fin des accords de Bretton Woods, Robert NIXON décide de la suspension de la convertibilité du dollar en or. Les règles d’équilibre s’évanouissent. La France, comme l’Amérique est en déficit extérieur car elle a désappris l’épargne et en particulier l’épargne publique. Comme les Américains nous sommes des enfants capricieux, qui ne pouvons plus nous retenir, qui ne pouvons plus nous empêcher. Des enfants à qui jamais personne n’a dit non » GIDE dans les Faux-monnayeurs, montre les relations entre la monnaie, la famille, la religion et la société ».

« L’or est le référent suprême, comme le père dans la famille, comme Dieu. La mort du pair, c’est la mort du père et la mort de Dieu le père. » Ainsi nous sommes entrés dans le monde des faux-monnayeurs. Dans un monde où chacun triche, c’est l’homme vrai qui fait figure de charlatan. »

28 février 1972, la semaine qui a changé le monde.

NIXON se rend en Chine. « L’alliance de la Chine et des Etats-Unis constitue le grand renversement d’alliances du 20ème siècle. Ce voyage de NIXON marque le début de la fin de la guerre froide. Le monde inauguré par le voyage de NIXON en Chine sera un monde ouvert, celui à venir d’internet et des porte-conteneurs (et des paradis fiscaux) qui abolira, niera, ridiculisera les frontières. L’URSS détruite en 1991, la Chine deviendra tellement puissante qu’aujourd’hui elle est la source principale d’inquiétude des Etats-Unis ».

6 avril 1972, Bruay-en-Artois…

« Un notable bourgeois, vivant chez sa mère est accusé de meurtre et jeté en pâture à la vindicte, alors même qu’un jeune ouvrier proche de la victime s’était dénoncé. La justice ne veut pas voir, ni entendre. La lutte des classes, l’idéologie obtue désigne le coupable, qui représente une société dont une « élite » ne veut plus. La justice se met au service des médias et du politique et va même se politiser. Finalement il n’y aura pas de coupable, mais le mâle blanc de la bourgeoisie française sera désormais le coupable à vie. Coupable de tout. Coupable absolu. Coupable à jamais. »

23 avril 1972. L’Angleterre en cheval de Troie.

« Georges POMPIDOU approuve l’entrée de la Grande Bretagne dans le marché commun. Les anglais furent bien le cheval de Troie américain que craignait de GAULLE ». « …l’entrée de la Grande Bretagne dans le Marché Commun coïncide avec le début des grandes négociations commerciales qui abattront peu à peu toutes les barrières douanières de la « forteresse Europe ».

17 juin 1972 les hommes du Président.

« Chez nous, l’Etat est au contraire l’incarnation sacrée du bien. De l’intérêt général. Il protège nos libertés contre l’église et les féodaux. Les italiens nous ont enseigné à la Renaissance les rudiments du machiavélisme politique. Louis XIV jeune a été à l’école de MAZARIN et toute la France avec lui. Le mensonge d’Etat n’est pas une tare pour les français s'il sert le bien commun." NIXON, chassé du pouvoir, "sa chute est en réalité une défaite du peuple et de la loi de la majorité, vaincus par l’alliance des journalistes et des juges. Ils seront bientôt rejoints par les financiers, les experts, organisations non gouvernementales qui, placés en dehors du peuple, à l’écart de la nation, comme sur des plates-formes offshore, donnent au peuple et à ses représentants des leçons de morale comme des grands prêtres du haut de leur chaire ».

1er juillet 1972, la loi PLEVEN : fin de la liberté d’expression en France.

« Cette loi condamne « la provocation à la discrimination, à la haine, ou à la violence visant certaines personnes ou groupes de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non appartenance à une ethnie, une nation, une race, ou une religion »

 On se félicitera alors de cette législation antiraciste. Personne ne remarqua le glissement opéré par la loi…qui interdisait la non appartenance à une nation. Désormais, un propriétaire qui ne veut louer qu’à un français sera puni. La loi PLEVEN est potentiellement, sans que personne n’en ait pris conscience à l’époque, la dissolution programmée de la Nation française. Cette loi a sous-traité sa fonction répressive à des associations à qui elle a accordé des privilèges exorbitants de puissance publique ».

Peut-on dire que l’enfer est pavé de bonnes intentions ? Le principe de Nation a-t-il encore un sens, ainsi que l’appartenance à une Nation ?

16 novembre 1972. Comme ils disent …

« Les homosexuels vont peu à peu être transformés en modèles. La marginalité s’apprête à devenir le modèle. La méthode des militants homo est mise au point et ne changera plus : elle repose sur le rejet de l’autorité assimilée au fascisme, et une stratégie permanente de victimisation pour susciter la compassion comme la haine du prétendu oppresseur « homophobe ». L’alliance improbable entre l’extrême gauche libertaire et le marché se fera à travers la geste homosexuelle et au nom de la transformation des mentalités. Le « métissage » deviendra la religion d’une société qui se veut sans tabou, et ne supporte plus les limites de la différenciation des peuples comme des sexes. Cette babélisation généralisée est encouragée par un capitalisme qui y voit une source de profits ».

Pour faire reconnaître un état, faut-il pour autant souhaiter une transgression générale ? Pour lever des freins faut-il en faire jaillir d’autres?

Novembre 1972, la maison près de la fontaine dans le jardin.

« Pour la première fois depuis les Lumières, et même depuis la Renaissance, le progrès se sépare du bonheur. Pendant que Nino FERRER chantait la maison près de la fontaine, le club de Rome publiait un rapport qui faisait grand bruit, prônant la croissance zéro. C’était la première fois qu’un rapport officiel mettait en garde le monde contre la destruction des ressources naturelles, mais aussi, sujet qui sera rapidement mis sous le boisseau par nos bons esprits, l’explosion démographique de la planète.  

Il est certain que la surpopulation mondiale associée à une forte production voire une surproduction ne pouvant plus suivre le mouvement sera la bombe atomique de l’humanité.

1973 : la fin discrète du Colbertisme.

« On accusait le financement de l’Etat par la banque de France de favoriser l’inflation. Le modèle américain était à suivre, les banques prenaient le pouvoir ».

Janvier 1973 : Robert PAXTON notre bon maître

« Le régime de Vichy a-t-il sauvé des juifs français ? Raoul HILBERG écrit : « Quand la pression allemande s’intensifia en 42, le gouvernent de Vichy se retrancha derrière une seconde ligne de défense. Les juifs étrangers et les immigrants furent abandonnés à leur sort et l’on s’efforça de protéger les juifs nationaux »… Vichy et la Shoa (2011), le rabbin Alain MICHEL reconnaît que « le pouvoir antisémite de Vichy réussit à sauver « les vieux israélites » français ». PAXTON n’est pas objectif, il reconnaît que la France avait été dans les années 30, le pays du monde qui avait accueilli le plus d’immigrés. Mais il en fait une question de principe. Si la France avait renoncé à ces assimilationnistes, si elle s’était convertie à ce qu’il appelle le pluralisme culturel, elle aurait mieux accepté les juifs et n’aurait pas servi la machine exterminatrice nazie ».

La victoire de PAXTON, honoré, célèbre, adulé, était totale. Avec les discours sur la rafle du Vel d’Hiv des Présidents CHIRAC en 1995 et HOLLANDE en 2012, la doxa paxtonienne deviendra vérité officielle, sacrée. Religion d’Etat ! »

PAXTON a jugé Vichy entièrement coupable, sans prendre en compte qu’éventuellement PETAIN aurait pu avoir agi autrement dans certains cas. Des historiens compétents l’évoquent, alors pourquoi s’interdire d’en débattre, condamner immédiatement celui qui traite le sujet probablement en historien et non en idéologue ?

22 février 1973 : elle court elle court la banlieue.

«  …Ce ne sont pas l’urbanisme en hauteur, les cages d’escaliers, l’absence de rues qui provoquent la violence, les bandes, les ghettos, mais la violence, les bandes, les trafics qui transforment le paradis en enfer. Ce ne sont pas les structures qui forgent la superstructure, c’est la population et les changements de population qui façonne l’environnement. 

Nous sommes passés du film "elle court elle court la banlieue" à "la haine"… ».

Certaines banlieues au XXIème siècle sont l’image de la violence, de la radicalisation, de la pauvreté, du rejet. Le mal est fait, pourra-t-on résoudre ce terrible problème sans violence ?

Juillet 1973. De si gentils divorcés.

« Michel DELPECH a le visage rond et doux, mèches brunes, longues et soyeuses, regard tendre, gestes alanguis, l’homme s’est métamorphosé en femme. Avec sa chanson il précède la loi et les mœurs. Il fait entrer la France avant les politiques, les sociologues, les historiens dans l’ère du divorce de masse. En 74, Claude FRANCOIS chante le « téléphone pleure ». Magie de la chanson populaire. Toute l’histoire du divorce nous était annoncée en quelques vers : le divorce par consentement mutuel, la souffrance ineffable des enfants, la négation des pères, les familles recomposées ».

En 1975 le législateur entérine le divorce par consentement mutuel.

Ne pas pouvoir divorcer, ou pouvoir divorcer pour un rien, là encore pas de juste milieu, une société affective, une société du plaisir immédiat en construction, qui ne supporte plus le moindre non. La famille est fracturée, les équilibres rompus, des libertés sont « gagnées », la société change.

27 octobre 1973 ; It’s only rock and roll.

« Les Rolling Stones sont réputés autant que pour leur consommation de drogue que leur musique. Ils incarnent jusqu’à la caricature, l’esprit rebelle de la jeunesse des années 60. Subversion, transgression, s’installent dans le paysage après le concert de Bruxelles ».

Après le Rock and Roll d’après-guerre importé par les Etas Unis, celui post 68, il est interdit d’interdire, sexe, drogue et Rock and Roll. Mais avec le temps tous ces exutoires suffiront-ils ?

27 décembre 1973. On brûle les soutiens-gorge et les petits commerçants.

« C’est un grand tort que d’avoir raison trop tôt » dit Edgar FAURE.

Début de la fin des petits commerçants. « La richesse fabuleuse de la nomenklatura des grandes surfaces fait battre sur ce crime social de masse avec la complicité de tout un pays avide de jeter par la fenêtre les oripeaux d’un passé honni. La grande distribution occupe 1,4 millions d’hectares, soit plus de 30% des surfaces arborisées. La grande distribution est intouchable, inattaquable, indéboulonnable. Dans chaque client de grandes surfaces, il y a un consommateur qui détruit son propre emploi. La grande distribution est le plus redoutable pousse au crime des délocalisations, de la désindustrialisation, de la « malbouffe ».

Les supermarchés, fin des petits commerçants, fin des activités de villages, des petites villes, fin du lien social, fin des services publics dans nos campagnes. Profits et deshumanisation, stress, mauvaise santé, désespérance.

1974. Les valseuses.

« Dans les films noirs des années 50, les gangsters violent la loi, mais recréent dans leur milieu l’ordre familial et patriarcal de la société. Dans les cinémas des années 70 c’est l’inverse : les jeunes gens de bonne famille imposent les pratiques des voyous. Le film les Valseuses met en scène cette double subversion nihiliste. Elle fait de la sexualité ostentatoire et de la délinquance les ingrédients fondateurs d’une contreculture qui subvertit, remplacera la culture traditionnelle ».

Les violences, transgressions deviennent les modèles des riches, d’une partie de la bourgeoisie. Déconstruction permanente sans but, ni vision, en route vers l’abîme ou vers un nouveau monde  

1974. Vous n’avez pas le monopole du cœur.

« GISCARD entérine la révolution individualiste, hédoniste, consumériste, féministe de mai 68. L’IVG en est un des symboles les plus éclatants.

On fait venir des millions d’hommes dans les usines. On décide du regroupement familial… Grande revanche posthume des partisans de l’Algérie française sur le Général DE GAULE ; Nous avons à faire à une émigration familiale, une émigration de peuplement ». Le Président algérien BOUMEDIENNE avait pourtant prophétisé en 1974 : « un jour, des milliers d’hommes quitteront l’hémisphère sud pour aller dans l’hémisphère nord. Et ils n’iront pas là-bas an tant qu’amis ».

Le patronat sous la présidence de GISCARD fera venir des millions de travailleurs émigrés pour travailler à bas prix dans nos usines, puis fera venir leurs familles. Il n’y aura jamais une réelle intégration, mais l’importation de coutumes, religions, aux antipodes d’une France catholique, conservatrice, aux antipodes de la vieille Europe. Une immigration qui se fera dans le non-dit dans le ressentiment, la mèche venait d’être allumée.

26 février 1975. Nous sommes tous des Dupont Lajoie.

« … La réalité importe peu à Yves BOISSET. Dans son film Dupont Lajoie, il forge une mythologie. Ces arabes superbes sont aux yeux de sa caméra et du spectateur, les nouveaux prolétaires, exploités, méprisés, tandis que les ouvriers, employés, représentants de commerces, toute une lie petite bourgeoise franchouillarde sont voués aux gémonies. Le Bon Dieu et le Diable.

RENAUD chante Hexagone, une chanson dans laquelle il traite les français de roi des cons. COLUCHE  brocarde le père de Gérard, alcoolique qui reproche à son fils de fumer des pétards. La classe ouvrière devient dans l’imaginaire un ramassis de beaufs franchouillards alcooliques, racistes, machos. A la fin du film d’Yves BOISSET, le jeune arabe dont le frère a été tué dans la ratonnade improvisée, déboule dans le café de Jean CARMET, il est armé, le met en joue, tire. Le film s’achève sur cet appel au meurtre. Yves BOISSET a cru faire un film sur le racisme, il a en réalité fait un film raciste. »

Un film qui ne laisse pas indifférent, mais à charge contre le français moyen, que l’on montre sous son plus mauvais jour. Effectivement peut-être s’agit-il en fait d’un film raciste ?

12 mai 1976. Qui c’est les plus forts, c’est les verts.

« Fin du football d’intégration sociale, le football des classes moyennes, des ouvriers. Le football de l’argent arrivait ».

Loi HABBY instauration du collège unique. Décembre 76. « Face à leurs échecs de plus en plus cruels, les progressistes s’accrochèrent à un fétichisme nominaliste et un rien dédaigneux du diplôme, l’obtention du diplôme prenait la place de l’acquisition du savoir. Le collège unique finit par devenir le collège de personne ».

Le mélange des bons et des mauvais élèves, le communautarisme a rendu le collège unique une usine à perdre, un nivellement par le bas avec toutes les conséquences néfastes qui arrivent 40 ans plus tard !

Juin 1977. Lily mieux que le zizi.

« PERRET chante cette comptine au moment même où l’immigration changeait de nature, où on ne venait plus à Paris vider les poubelles mais rejoindre un père, un mari, ou un frère. Avec Lily, PERRET abandonne ingénument le « populo » qui l’a fait roi, il se met au côté des censeurs bourgeois de gauche, cette caste qui domine son milieu professionnel et le regardait jusqu’alors avec un mépris condescendant ».

6 décembre 1978. Cochin qui s’en dédie.

« L’appel de Cochin effectué par Jacques CHIRAC dans le cadre des élections européennes. … « Il est de fait que cette communauté en dehors d’une politique agricole commune, d’ailleurs menacée tend à n’être, aujourd’hui guère plus qu’une zone de libre d’échange favorable peut-être aux intérêts étrangers les plus puissants mais qui voue au démantèlement des pans entiers de notre industrie laissés sans protection contre des concurrences inégales, sauvages, ou qui se gardent de nous accorder la réciprocité »

« En 1992 Jacques CHIRAC appela à voter oui au référendum sur le traité de Maastricht sous les sifflets des militants du RPR. En 1995 il est élu Président de la République ».

Tout et son contraire, des reniements pour gagner le pouvoir, est-il possible de conserver sa confiance aux hommes politiques ?

1979 : la sidérurgie tombe la première.

« A la même époque, le PDG de Lip démissionnait et déclarait désabusé : « jusqu’à Lip, nous étions dans un capitalisme où l’entreprise était au cœur de l’économie. Après, nous nous sommes trouvés dans un capitalisme où la finance et l’intérêt de l’argent ont remplacé l’entreprise ».

En 78, Eddie MITCHELL a chanté « il ne rentre pas ce soir ». Ainsi s’annonce le blues du cadre pour qui « le chômage est pire qu’un mari trompé ». La classe ouvrière ne mourra pas seule ».

Le monde ouvrier commençait à disparaître. L’ère des profits exorbitants et des salariés exploités, maltraités débutait.

01 novembre 1980 : mon fils ma bataille.

« BALAVOINE incarne l’idéologie culturaliste moderne qui méprise et détruit la biologie, au nom de la liberté de l’individu. Elle est l’homme il est la femme. BALAVOINE était un fils de la bourgeoisie provinciale. Un pionnier de ceux qu’on appellera plus tard les « bobos ». Son dernier succès en 1985 fut l’Aziza dédiée à sa compagne, juive marocaine. Il transforme sa déclaration d’amour en ode antiraciste au mépris des lois et frontières ».

Les repères tombent, des verrous sautent, un nouvel homme, une nouvelle femme, un autre regard, tout s’apprête à changer.

1981 : l’idéologie dominante pour les nuls.

« BHL Bernard Henri LEVY ouvre la chasse à l’homme, chasse au passé, chasse à la France. Il est le procureur d’une jeunesse arrogante qui accuse des aïeux indignes. Tout au long de sa brillante carrière, BHL s’illustrera par sa constante véhémence à dénoncer tout retour de l’odieux patriotisme toujours assimilé au nazisme. »

« Tel philosophe aime les Tartares pour être dispensé d’aimer ses voisins » Jean-Jacques ROUSSEAU (Emile Livre I).

BHL, le symbole d’une philosophie mondialiste ? Comment considère-t-il son pays, ses compatriotes ?

24 janvier 1981 : Dallas ou le changement d’âme.

« La France qui n’aimait que les petits contre les gros, que les perdants magnifiques (POULIDOR) contre les vainqueurs arrogants (ANQUETIL) changeait d’âme. On se mit à glorifier les vainqueurs et à mépriser les perdants, JR devint un modèle devant TAPIE. Un grand écrivain américain, Tom WOLFE admirateur éperdu de BALZAC et ZOLA, établirait le lien littéraire entre ses maîtres français et l’Amérique de Dallas, dans le « Bucher des vanités ». La société française, imprégnée d’une triple culture catholique révolutionnaire et communiste, s’agenouillait devant le cow boy texan ».

6 janvier 1981.

« Georges MARCHAIS dans une longue lettre qu’il avait envoyée au recteur de la mosquée de Paris écrit : « …Il faut stopper l’immigration officielle et clandestine, mais non chasser par la force les travailleurs immigrés déjà présents en France, comme l’a fait le Chancelier Helmut SCHMIDT en Allemagne Fédérale » Mais on n’était plus en 1944, MARCHAIS n’avait pas réussi à concilier son internationalisme révolutionnaire et sa passion patriotique. Sous le masque du triste clown communiste vaincu, se cachait un gaulliste qui s’ignorait ».

Juillet 1981. Sa Majesté des Mouches (Roman de William GOLDING) aux Minguettes.

« Quand les explications abondent, c’est que personne ne comprend. La banlieue française dans les années 70 s’apprête à entrer dans le monde de Sa Majesté des Mouches or, se croyant encore dans l’univers acidulé de la guerre des boutons, où des adolescents se servaient de la bande pour s’arracher à la matrice familiale » ;

L’ère des ceintures rouges prenait fin, et s’ouvrait celle d’un nouveau pouvoir islamo-mafieux, où le trafic de drogue, et ses profits croissants, servirait bientôt de moteur économique à des territoires arrachés à la loi républicaine, progressivement organisés en contre-sociétés régies par les prescriptions de l’Islam ». En 2003, Jean-Louis BORLOO reprenait les incantations de l’ancien premier ministre socialiste Michel ROCARD, sur la rénovation des cages d’escalier. Il ne sortait pas du raisonnement urbanistique et refusait, comme les autres en tout cas publiquement de reconnaître que le sujet n’était pas le territoire mais les populations ».

« CHATEAUBRIAND avait été prophète en 1840 : « détruisez le christianisme et vous aurez l’Islam ».

Peut-on faire vivre ensemble des peuples et des religions aussi différentes sans engendrer à terme une violence permanente, voire les prémisses d’une guerre civile ?

12 août 1981.

« Il nous faudrait peu à peu comprendre et admettre que nous connaissions une nouvelle transition fondamentale en ces années 75-81, avec le passage à l’économie informatisée. Les français n’ont jamais aimé l’industrie, pour les français c’est Germinal. L’informatique encourage une décentralisation, une dispersion des pouvoirs de décision contraire à notre tradition. Encore une fois, la technologie des années 70-80 confirme et renforce le basculement comportemental et idéologique de mai 68. Les français qui toléraient le capitalisme parce qu’il avait apporté dans ses bagages la société de consommation n’ont jamais cessé de détester le libéralisme ».

1983.

« Les socialistes et les français en général n’avaient rien compris au monde de la finance qui arrivait dans les fourgons de REAGAN et TATCHER, un monde dérégulé de joueurs où les monnaies comme les matières premières ou les actions seraient soumises à la loi du marché. C’est en cette année 83 que pour le première fois, l’Etat français se présenta devant les marchés internationaux pour financer sa dette, alors qu’il avait l’habitude de se tourner vers l’épargne nationale qui avait la réputation justifiée d’être abondante, même si elle s’était révélée parfois fort coûteuse (emprunts PINAY et GISCARD gagés sur l’or) . C’est l’Europe qui avait précédé le monde et non le monde qui avait subverti l’Europe ».

L’Europe, projet ambitieux a provoqué des changements énormes pour les nations, les peuples, mais en l’état actuel des choses se révèlera-t-elle protectrice ou destructrice ?

1985.

« A la une du premier numéro du journal GLOBE, mensuel de gauche antiraciste d’obédience mitterrandiste fondé en novembre 1985 par Georges Marc BENAMOU, aidé financièrement par Pierre BERGE et BHL, on pouvait lire en guise de profession de foi : « Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref franchouillard ou cocardier, nous est étranger, voire odieux ». Bernard-Henri Lévy, 1985, Edito, dans Globe, paru 1985.

Naissance de la gauche « caviar ».

« Claude LANZMANN imposait par le cinéma le mot Shoa qui remplaçait « holocauste », un mot hébreux à la place d’un vocable français, pour mieux enraciner le caractère à la fois unique et juif du génocide, qui devint un élément central, parfois obsessionnel de la psyché juive, faisant des juifs français une caste d’intouchables, et du génocide une nouvelle religion obligatoire d’un pays déchristianisé ».

Je renvoie à Hannah Arendt.

25 septembre 1985. L’émergence du pouvoir gay.

« Les années 70 avaient tout bouleversé. Le sexe était un jeu, un plaisir, il devenait une identité. Le mariage n’était plus une institution mais une histoire d’amour. Entre les amants, on se dit tout, on ne se cache rien, on ne peut vivre dans le mensonge. Ces fariboles exaltées, jadis laissées au cercle étroit des femmes amoureuses et des poètes devinrent religion d’état. L’hypocrisie fut qualifiée de bourgeoise (comme si le peuple, agissait autrement) pour mieux la déconsidérer. Au nom de l’égalité, on a entrepris la destruction des repères sexuels les plus archaïques pour remodeler un nouvel humain ni vraiment homme, ni vraiment femme ».

Ce type de constat est-il un mal ? Était-il annonciateur de la destruction d’un équilibre nécessaire ?

21 décembre 1985 Saint COLUCHE.

« COLUCHE fut l’incarnation de l’homme insatisfait décrit par FREUD dans « malaise de la civilisation », il se révéla l’arme atomique d’une génération qui imposa par son intermédiaire à la France entière ses obsessions et ses anathèmes : hédonisme libertaire, farouche individualisme, mépris des flics, de l’autorité, de la publicité, des riches exploiteurs mais aussi des pauvres qui se laissent exploiter.

Il est vrai que le capitalisme avait retrouvé les couleurs libérales défraîchies de la fin du XIXème siècle, les riches devenaient plus riches, les pauvres plus pauvres. L’état, privé de ressources fiscales par la dérégulation, et débordé par l’ouverture des frontières se retrouvait démuni face à l’explosion du chômage et une immigration de la misère venue du monde entier. Les artistes prenaient le relais. Ils étaient les maîtres à penser de l’époque ».

Coller à l’époque et s’en moquer intelligemment comme COLUCHE c’est le risque de ne pas percevoir les conséquences à plus long terme avec une histoire qui sera sans pitié. Le capitalisme n’était que le hors d’œuvre, le plat principal, c’était le libéralisme, le dessert pourrait être amer.

« L’ancien directeur de cabinet du socialiste Pierre BEREGOVOY à Bercy, Jean-Charles  NAOURI dit avec un cynisme quasi coluchien ». « Dans la vie il y a deux choses qui comptent, le pouvoir et l’argent. Nous avons eu le pouvoir. Maintenant, il nous faut l’argent ».

Rumeur, rapportée par le Monde (15 septembre 1997), Jean-Charles Naouri aurait dit cela, lors de son pot d’adieu après la défaite de la gauche en 1986.

« Mais la privatisation à la française, tel le Titanic, rencontre bientôt un iceberg, qui n’était pas sur ces cartes de navigation : la mondialisation. En 20 ans, sous la houlette de Louis SCHWEITZER, Renault a aggravé le chômage en France, accéléré la désindustrialisation de notre pays, et nuit à la balance commerciale de la France. Il est à la fois Président de la Halde, Président du festival d’Avignon et membre du Conseil d’Administration du Musée Quai Branly. Le mélange pur et parfait de la « branchitude » de « cultureux », d’antiraciste militant et de passion pour la diversité et le « doux commerce ». Inspecteur des finances, Président du Siècle, il a toutes les cartes, il est de toutes les coteries, de tous les réseaux, de tous les Conseils d’Administration. Il est membre éminent de la Caste ».

Renault qui aggrave la chômage en France je ne pense pas, par contre l’apparition de la mondialisation qui renverse nos façons de pratiquer, qui fait du monde une aire de jeu pour s’enrichir sans éthique, qui crée des profils comme Louis SCHWEITZER là nous ne pouvons que le constater.

1986.

« L’ère de Jack LANG, au ministère de la culture régnait, depuis sa création, le complexe VAN GOGH. Par peur de rater un génie, les fonctionnaires de la rue de Valois soutiennent n’importe quelle provocation, toute laideur qui se paye des atours de la transgression. Avec lui, et en dépit de sa culture classique réelle, le « tout se vaut » démagogique devint principe de gouvernement : le tag fut exalté comme une peinture de Léonard de VINCI, tout rappeur fut un nouveau MOZART. L’art contemporain est pris dans une infinie surenchère de la laideur. Défigurer, c’est figurer ».

Kant écrivait que le Beau est universellement reconnu, n’est-ce pas le meilleur moyen de lever les doutes ?

Né quelque part.

« Julien DRAY rêvait de faire tomber le texte réformant le code de nationalité, que préparait Pierre MAZEAUD, et qui prévoyait la quasi suppression du droit du sol. La mort du franco-algérien Malik OUSSEKINE lui permit d’engager la bataille idéologique dans les meilleures conditions. Après "douce France" de TRENET reprise par Rachid TAHA, ce fut Maxime LEFORESTIER qui chanta « Né quelque part » qui s’invita dans ce débat idéologique. La France n’était plus un pays différent des autres pays mais un coin indistinct de la planète, plus un peuple, mais une collection d’individus indifférenciés, nés par hasard sur les trottoirs de Manille, de Paris ou d’ailleurs, plus une nation souveraine, mais des citoyens du monde sommés d’accueillir d’autres citoyens du monde, des points anonymes sur le globe contraints de faire de la place à d’autres points anonymes du globe, des n’importe qui qui venaient de n’importe où et n’importe quand, et s’installant où ils veulent ».

L’homme universel mais pas partout sur la planète ! plus de frontières, plus de nations, mais peut-être encore des citoyens nationaux qui payent des impôts pour financer des citoyens du monde ?

1987.

« Les historiens feront de la seconde guerre mondiale un moment paroxystique de l’affrontement entre le bien et le mal, et de la Shoa le cœur de cette métaphysique apocalyptique, on conduira les enfants à Auschwitz, classes de banlieue, des enfants de l’immigration arabe et africaine refuseront avec véhémence cette partie du programme au nom de la « souffrance des enfants palestiniens ». Enfants contre enfants, souffrance contre souffrance, une histoire contre l’autre. Au revoir les enfants ».

Les souffrances se valent-elles ? Le devoir de mémoire doit-il être le même pour toutes les souffrances ?

1988 1er décembre.

« On instaure le RMI. Le RMI (Revenu Minimum d’Insertion) n’est pas la suite, voire la consécration du système français de protection sociale, édifié avant, pendant et surtout après la seconde guerre mondiale. Il en était l’antithèse. Avec le RMI, l’assistanat pénétrait dans le système social français. Atteindre l’âge minimum de 25 ans devient un objectif dans l’existence. Le RSA Revenu de Solidarité Active remplaçait le RMI en 2008. Les politiques continuèrent à gloser sur la « valeur travail » sans saisir que le chômage de masse l’avait anéantie, sans comprendre que l’assistanat avait brisé les cultures séculaires du labeur et de la méritocratie, qu’avaient tour à tour forgées et renforcées le vieux fonds paysan, la solidarité ouvrière, et la République scolaire de Jules FERRY, pour transformer toute une partie de la population en machines à calculer des « droits » jonglant avec les salaires et les allocations, alternant périodes « d’activités » et de « chômage », calculs complexes des failles de la loi dans une recherche savante de son intérêt immédiat ».

Comment arriver à dissocier aide et assistanat ? Pourquoi un revenu à partir de 25 ans alors que de nombreux jeunes sont en grande difficulté dès 18-20 ans ? Le dicton "aide-toi, le ciel t’aidera" est oublié, il me semble.

1989, défaite de la grande nation.

« La Chine forge un nouveau modèle où la liberté économique est associée à la tyrannie politique. Cette transgression chinoise rend caduque toutes les théories françaises et anglaises selon lesquelles le libéralisme économique s’accompagnerait inéluctablement de sa version politique des droits de l’homme, démocratique et libérale.

Les élites administratives françaises et en particulier la crème de la crème du Conseil d’Etat avaient adhéré à l’idéologie mondialiste et multi mondialiste, exaltant la diversité et l’égalité des cultures, fondées sur une lecture simplifiée et même dévoyée des travaux de Claude-Levi STRAUSS. Puis le débat dériva ensuite vers le droit des femmes. Une pétition fut publiée dans Libération le 06/11/1989 qui, tout en reconnaissant dans le voile « le signe de l’oppression et de la contrainte exercée sur les femmes, voyait en l’exclusion des filles la « pire des solutions ». Les signataires étaient des féministes célèbres, de Marguerite DURAS à Catherine LARA, jusqu’à Ségolène ROYAL ou Halima BOUMEDIENNE.

La question ne concernait pas, ou contrairement aux apparences et aux obsessions féministes, la liberté ou l’opposition de ces jeunes filles. Avec le voile, puis plus tard avec le hijab, ces femmes rejettent l’injonction de désir, l’aliénation de consumérisme, et pour tout dire la loi du monde. Ce voile est le symptôme d’un commencement d’organisation islamique de la cité. L’Islam est à la fois une synthèse et une dissidence du judéo-christianisme qui l’a précédé : pur monothéisme comme le judaïsme reposant avant tout sur des rituels très stricts (orthopraxie) et non sur la seule foi (orthodoxie chrétienne), l’Islam est aussi, contrairement au judaïsme, une religion prosélyte, rivalisant alors avec le christianisme, l’islam, religion universelle, convertit de gré ou de force »

Le port de ces signes religieux par les femmes est probablement organisé par certains théoriciens pour insérer la religion dans la cité. Ces femmes sont des victimes consentantes pour la plupart probablement manipulées, influençables mais très peu avec une idéologie ou une quelconque philosophie. La religion chrétienne était également prosélyte tout comme l’islam mais la différence d’époque, de moyens, revêt une dimension beaucoup plus problématique.

09 novembre 1989, chute du mur de Berlin.

« C’est le retour de l’Allemagne sur la scène de l’histoire, la vraie, pas celle qu’on commémore, mais celle que l’on fait. Tous les rêves d’une Europe fédérale se briseront sur l’absence de peuple européen. Il y a un peuple américain, indien, brésilien et même un peuple allemand, mais il y a une culture européenne, il n’y a pas de peuple européen. »

Un nouveau monde se crée, sans demander l’avis des peuples, sans pouvoir même solliciter cet avis.

1991.

« Depuis les années 70, les individus s’étaient émancipés en brisant la tradition religieuse, une nouvelle morale s’érigeait sur les ruines de cette dernière. Après un pouvoir patriarcal d’essence viril (Etat, Eglise, Père), un état maternel qui infantiliserait et culpabiliserait. On avait renoncé à gouverner les individus, mais on contrôlait la collectivité par l’hygiène, l’alimentation, la sexualité ».

C’est exact que la société est passée d’un état à un autre mais est-ce nécessairement un mal ? Les politiques de prévention sont peut-être infantilisante et culpabilisante mais néanmoins utile, efficace pas nécessairement castratrice.

Le RAP.

« Le paradoxe du RAP résidait dès l’origine dans cette insistance, mise sur les paroles au détriment des mélodies, cette déclamation martiale et obsédante qui rimait avec la pauvreté du langage et la syntaxe misérable, comme si les rappeurs voulaient à toute force donner raison à ceux qui les traitaient de « barbares », qui vient du mot barbaroï, signifiant en grec ancien, nous dit Lucien JERPHAGNON, les « bafouilleurs ». Le RAP confirmait avec éclat, l’intuition de Frantz FANON, psychiatre algérien d'origine antillaise : « le colonisé est un persécuté qui rêve en permanence de devenir persécuteur. »

11 septembre 1992. Hélène et les garçons.

« BARDOT incarnait, malgré elle, un univers hédoniste où triomphait la recherche du plaisir, mais où les femmes s’efforçaient de prendre leur part, Hélène incarnait un retour au puritanisme amoureux, mais où le moralisme de sacristie avait été remplacé par un autre moralisme, celui du sentimentalisme féminin. Une nouvelle époque s’ouvrait. Un féminisme se substituait à une autre. La France devint un modèle. Les femmes concilièrent au prix d’un mode de vie frénétique et exigeant leur vie familiale et leur vie professionnelle. Leur existence devint une acrobatie permanente. Puisque les femmes avaient réussi leur entrée dans le monde du dehors, les hommes devaient à leur tour entrer dans le monde du dedans. Les travailleurs étaient sommés de devenir des ménagères, les pères étaient sommés de devenir des mères, les hommes étaient sommés d’aimer comme des femmes. On négligea, contesta, méprisa l’avertissement pourtant si pertinent de STENDHAL : « au premier grain de passion, il y a le premier grain de fiasco »

Les précieuses ridicules avaient vaincu les femmes savantes ».

Sur ce thème, je ne comprends pas E.ZEMMOUR, le constat sociologique, oui, mais la prise de position étayée par STENDHAL, non. Je perçois le déséquilibre de ce changement radical mais serait-il concevable que le rôle de la femme demeure le même, être dans le monde « du dedans » ? Cette vision est d’autant plus surprenante qu’elle se rapproche de la vision de certaines religions à l’égard de la femme.

1992.

« Philippe SEGUIN avait tout saisi, tout compris, tout deviné. On parlait d’une Europe mythique, il voyait l’Europe réelle. 1992 n’était pas seulement l’anti 1789, mais aussi l’anti 1936. La construction européenne élèvera un mur entre une représentation sans pouvoir (gouvernements, états) et un pouvoir sans représentation (technocrates, juges, lobbies à Bruxelles) ».

1993, le prénom.

« La législation sur le prénom était jusqu’alors fixée par la loi du 11 germinal de l’An XI, sous le Consulat. L’article 1 précisait qu’à « compter de la publication de la présente loi, les noms en usage dans les différents calendriers, et ceux des personnages connus de l’histoire ancienne, pourront seuls être reçus comme prénoms sur les registres de l’état civil destiné à constater la naissance des enfants et il est interdit aux officiers publics d’en connaître aucun autre dans leurs actes »

Le juge contournera la loi en décidant que le calendrier servant de référence aux parents ne devait plus forcément être le calendrier officiel et sa cohorte de saints de la religion catholique. La Cour Européenne des Droits de l’Homme, le 24 octobre 1996 rendait une décision en se fondant sur l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui traite du respect de la vie privée et familiale. En acceptant ce bouleversement d’apparence anodine, les élites juridiques et politiques françaises entérinaient sans le dire le passage de l’assimilation au multiculturalisme.

On découvrit, mais un peu tard, que le choix contraint d’un prénom, dans le calendrier empli de saints, nimbait le nouvel arrivant d’une onction catholique et française, d’une grâce nationale qui lui permettait d’être mieux accueilli ».

Entièrement d’accord avec l’auteur, voilà une preuve par l’exemple de la différence entre l’intégration et le communautarisme. Après ne pas avoir été respectée, cette loi a été abrogée en 1993.

20 mai 1993 la chute du BERLUSCONI français.

« La télé avait fait deux hommes. BERLUSCONI possédait le plus grand groupe privé de l’histoire des médias transalpins, Bernard TAPIE s’était révélé une exceptionnelle bête télévisuelle qui crevait les écrans et les adversaires. Ils avaient tous deux une réelle sensibilité d’artiste, avait poussé dans leur jeunesse la chansonnette et toute leur vie, ils avaient « voulu être un artiste pour dire au monde pourquoi j’existe »

La grève de 1995.

« Pierre BOURDIEU écrit : « Cette noblesse d’Etat qui prêche le dépérissement de l’Etat et le règne sans partage du marché et du consommateur, substitut commercial du citoyen, a fait main basse sur l’Etat, elle a fait du bien public, un bien privé, de la chose publique, de la République sa chose. Ce qui est en jeu aujourd’hui, c’est la reconquête de la démocratie contre la technocratie, il faut en finir avec la tyrannie des experts, style banque mondiale ou FMI, qui imposent sans discussion les verdicts du nouveau Léviathan, les mondes financiers, et qui n’entendent pas négocier mais expliquer ».

1995, football.

« Le football européen devint la vitrine glaçante de la mondialisation libérale.(...) Les entraîneurs devinrent des « coachs » habillés en Paul Smith, les présidents de club des nababs du pétrole ou de la finance au mieux, des mafieux au pire, parfois les deux à la fois; les agents des joueurs, des grands frères au mieux, des fournisseurs de came et de filles au pire; les joueurs incarnèrent le chic abouti des élites mondialisées, collectionnant mannequins et Ferrari.

La libre circulation des travailleurs dans l’espace européen. "Le juge a gagné : le football est devenu un meilleur des mondes capitalistes possibles, composé de producteurs et de consommateurs, tous plongés dans « les eaux glacés du calcul égoïste » MARX. A mesure que le sport s’est transformé en industrie, il a banni la beauté qui naît de la joie de jouer pour jouer ».

Tout est dit !

1996.

« La réforme de 1996 se limita à une réduction drastique du format de nos armées. En 50 ans du Général de GAULLE à François HOLLANDE, l’effort de défense sera passé de 5,44% du PIB à 1,56% en 2012. En 2020, il attendra le chiffre famélique de 1,26%. On s’aperçoit ainsi que cette réforme n’était pas limitée comme on l’avait cru, à la suppression du service national, et à la fermeture de certaines casernes, douloureuse pour l’économie locale des régions concernées. C’était tout notre politique de défense héritée du Général de GAULLE qui était retournée comme une crêpe ».

L’angélisme français en particulier du socialisme français. Une défense amoindrie dans un monde de plus en plus dangereux !

1996, Science Po.

« Richard DESCOINGS, directeur de Sciences Po, avait comme modèle…cette Amérique des West and East coasts, libérale et libertaire, individualiste, inégalitaire, multi culturaliste et féministe (et gayfriendly), adepte d’un protestantisme cool et festif, où le culte de l’argent a détruit l’antique morale des pères fondateurs et les anciennes solidarités communautaires.(...)

Autrefois les enfants des milieux défavorisés qui débarquaient rue Saint Guillaume ne connaissaient pas les codes sociaux, et subissaient parfois les moqueries des enfants mieux nés; mais à partir des années 80, leurs successeurs ne possédaient même plus les codes scolaires qui leur auraient permis de les rejoindre. La situation était encore plus grave pour les enfants d’immigrés.(...)

Au nom de l’égalité, on abolit le principe d’égalité devant le concours ».

Un triste constat de ce qu’il n’aurait pas fallu faire. Tout cela est-il réparable ? J’en doute.

1996, l’invention du sans-papiers.

« Le « sans-papierisme », mouvement idéologico-mondain est né dans la chaleur des derniers jours d’août 1996, alors que l’église Saint-Bernard dans le 18ème arrondissement de Paris était occupé par un « collectif » de 300 clandestins qui réclamaient leur régularisation.

Ce n’était plus le clandestin qui était en faute parce qu’il n’avait pas de papiers, mais l’Etat qui était en faute de ne pas les lui avoir donnés.(...) Le « sans-papiers » n’était pas seulement le Juif idéal. Il était aussi le retour de la figure christique, pauvre étranger persécuté, venu sauver malgré lui une société française qui, décadente et corrompue avait beaucoup pêché.(...)

Payée (grassement) par les uns, et nourrie idéologiquement par les autres, une caste de comédiens, de chanteurs, de metteurs en scène, d’écrivains, de philosophes, de sociologues, tout un monde et un demi-monde égocentrique et arrogant, souvent domicilié en Suisse ou en Belgique pour payer moins d’impôts - sans qu’ils se demandent une seconde s’il n’y a pas un rapport entre l’immigration et l’alourdissement continuel des impôts et des charges sociales imposées aux citoyens français."

Le «  sans-papiers » est victime, mais il est aussi hors la loi. La loi c’est la garantie d’une société la plus juste possible. Donner des droits à des personnes ne pouvant en avoir car hors la loi c’est envoyer un signal particulier à ceux qui la respecte et qui eux aussi souffrent peut-être.

 

12 juillet 1998.

« Nos trois couleurs n’étaient plus bleu blanc rouge, mais black-blanc-beur.(...) Les jeunes de « cités » deviennent majoritaires dans les centres de formation de France et de Navarre; y importent leurs mœurs violentes.(...) En moins d’une décennie, le football français devient le football des banlieues françaises.(...) L’islam se répand dans les vestiaires, on prend sa douche en short par pudeur, on exige des mets halal, à la grande surprise des joueurs  étrangers, sud-américains par exemple, qui seront les seuls à oser se rebeller contre le prosélytisme des musulmans les plus exaltés ».

Situation dont nous avons été les témoins.

2001, Paris ne sera pas toujours Paris.

« La victoire de DELANOE avait une signification qu’on ne tardera pas à déchiffrer : Paris était devenue une ville-monde. Une ville-monde (...) Ses richesses ne viennent plus du territoire national qui l’entoure mais des liens qu’elle entretient avec ses sœurs à travers la planète, ce que les spécialistes appellent des « flux ».(...)

Ses maîtres mots sont : tertiarisation, verticalisation, gentrification, éviction et ségrégation. Une ville-monde transforme sa population créant même un nouveau type sociologico-journalistique : le « bobo ».(...) La ville-monde peu à peu se défait de ses atours français.(...) Seule Marseille n’arrive pas à coller au peloton, et demeure une vraie cité populaire. C’est pourquoi les socialistes ne parviennent pas à la reprendre à la droite, tandis que le FN y fait des scores inenvisageables dans toute vraie métropole mondialisée.

Auparavant, il y avait Paris et le désert français. Désormais, ce sera de plus en plus Paris et la désespérance française ». « La politique de libre-échange mondialiste poursuivie par Bruxelles a entraîné à partir de 1974, la destruction des emplois, la destruction de l’industrie, la destruction de l’agriculture et la destruction de la croissance. La mondialisation ne profite qu’aux multinationales. Elles en tirent d’énormes profits ». Maurice ALLAIS prix Nobel français d’économie.

Ce qui est marquant c’est le contraste entre ville-monde et nos campagnes, nos banlieues. Il y a surtout des mondes et un monde hétéroclites, clivés, en grande perte de repères.

2002.

« Jacques CHIRAC bat Jean-Marie LE PEN, 82% des suffrages ! Tout le monde avait déjà oublié qu’au premier tour, il n’avait obtenu que 20% des suffrages exprimés, le résultat le plus faible presque humiliant d’un Président sortant de la 5ème République ».

2003.

« Dans son Bloc-notes, François MAURIAC avait alors décrit avec une rare finesse la souffrance, la douleur suprême qui avait été la sienne, et celle du Général, de constater que la France n’avait pas été invitée au partage du monde opéré à Yalta (…) Le discours de VILLEPIN survint à un moment de bascule historique, au sein du quai d’Orsay : les vieilles générations gaullistes s’effaçaient, les jeunes pousses kouchnérisées débarquaient en masse.

Nicolas SARKOZY était aussi le produit de son époque, de sa génération. Il avait été adolescent au cours de ces années 70 qui avaient exalté un individualisme forcené et l’admiration naïve et souvent ignorante pour le melting-pot américain.

Dans son célèbre "Tristes Tropiques", paru en 1955 Claude LEVI-STRAUSS faisait déjà la même analyse désillusionnée sur l’Islam : « Grande religion qui se fonde moins sur l’évidence d’une révélation que sur l’impuissance à nouer des liens au dehors. En face de la bienveillance universelle du bouddhisme, du désir chrétien du dialogue, l’intolérance musulmane adopte une forme inconsciente chez ceux qui s’en rendent coupables, car s’ils ne cherchent pas toujours, de façon brutale, à amener autrui à partager leur vérité, ils sont pourtant (et c’est le plus grave) incapables de supporter l’existence d’autrui comme autrui. Le seul moyen pour eux de se mettre à l’abri du doute et de l’humiliation consiste dans la « néantisation » d’autrui considéré comme témoin d’une autre foi et d’une autre conduite. La fraternité islamique est la converse d’une exclusive contre les infidèles qui ne peut pas s’avouer puisque, en se reconnaissant comme telle, elle équivaudrait à les reconnaître eux-mêmes comme existants…L’Islam se développe selon une orientation masculine. En enfermant les femmes, il verrouille l’accès au sein maternel : du monde des femmes, l’homme. L’homme fait un monde clos. Par ce moyen, sans doute, il espère aussi gagner la quiétude, mais il la gage sur des exclusions : celles des femmes hors de la vie sociale et celles des infidèles hors de la communauté spirituelle » 

Les écrits de LEVI-STRAUSS en 1955, la guerre d’Irak en 2001, le discours de VILLEPIN aux Nations Unies, et ce que nous vivons en 2015. Saurons nous mettre en place les actions appropriées, prendre les bonnes décisions, aurons-nous le courage de faire le nécessaire pour éviter le pire ?

 

Jean-Claude TRICHET.

« Il fut l’ultime souverain d’un continent européen qui avait aboli, la souveraineté au nom de la paix. Il fut à la fois l’Empereur CHARLEMAGNE et le dernier chef d’état français. Peu à peu, le pouvoir de l’oligarchie européenne retrouvait les caractères fondamentaux des despotes éclairés du 18ème siècle : le secret, le mystère même, une légitimité complète dans l’interprétation de leur mandat, une prétention à l’objectivité scientifique de leurs diagnostics et de leurs verdicts, une certaine idée de leur indépendance conçue comme la mise à distance des intérêts sociaux et politiques en présence.

Avec la supervision bancaire, érigée dans le cadre de l’union bancaire définie en 2013, la BCE règne sur l’Europe. Cette oligarchie n’est élue par personne, et n’a de comptes à rendre à aucun peuple ».

2005.

« Trois jeunes électrocutés en se réfugiant dans un transformateur après une poursuite avec la police. Des émeutes se déclenchèrent. Mais la police française est conçue pour les affrontements dans le quartier latin, pas pour la guérilla dans des grands ensembles. Elle ne peut tenir des quartiers entiers, ne peut pas non plus appréhender des émeutiers qui aussitôt leur cocktail Molotov lancé, se noient dans la foule des badauds rigolards, le plus souvent mineurs. Qui arrêter ? Qui viser ? Sur qui tirer ?

La jeunesse dorée est fascinée par celle des banlieues, à qui elle emprunte, dans un mimétisme classique, codes vestimentaires et langagiers, et achète sa drogue. Une troisième jeunesse vit ignorée de tous dans l’ombre des deux autres : celle souvent éloignée des grands centres urbains, issue de la classe populaire française.

Gilles KEPPEL, dans passion française : la voix des cités, 2014 écrit : « La présence ostensible du salafisme, favorisée par l’accoutrement spécifique des adeptes est un symbole nouveau et fulgurant. Elle exprime une rupture en valeurs avec la société française, une volonté de la subvertir moralement et juridiquement qu’il serait illusoire de dissimuler et qui pose des questions essentielles ».

Cette troisième jeunesse personne ne semble la prendre en considération, elle n’est jamais mentionnée. Gilles KEPPEL est un politologue spécialisé sur le monde arabe, et il serait sage de prendre en considération certains points de vue même s’ils sont dérangeants.

« 02 décembre 1815, 2 décembre 2005, aucune commémoration officielle d’Austerlitz. NAPOLEON est honni car il incarne jusqu’à la caricature ce que fut notre pays et fit sa grandeur, la gloire de ses armes. Dans les ouvrages scolaires, et d’histoire pour collégiens ou lycéens, ses batailles innombrables ne sont même pas mentionnées. Les seules parfois retenues sont ses défaites, Leipzig parce qu’elle forgea la nation allemande, Waterloo parce qu’elle fonda l’hégémonie anglaise. On ne va retenir de NAPOLEON que le code civil, les préfets, la Banque de France. Son œuvre pacifique. C’est la guerre qui rebute. Et derrière lui, l’homme. Guerre, homme, patrie, trinité diabolisée de notre temps. Dans son sublime « choses vues », Victor HUGO décrivait le décalage entre la ferveur populaire (les survivants de la grande armée dormant aux pieds de son cercueil) et la froideur des élites du régime, déjà ».

L’exemple Napoléonien est-il vraiment une fierté de la France ? Une France pétrie d’angélisme, de repentance, à la fois grande et petite, que va-t-elle nous offrir ou  imposer dans ce début de 21ème siècle ?  

13 décembre 2007, voir Lisbonne et mourir.

« Le traité de Lisbonne se présentait comme un catalogue d’amendements aux traités précédents. Il était devenu illisibles par les citoyens à la grande fureur de GISCARD, MAUPASSANT frustré, mais au grand soulagement des élites technocratiques bruxelloises. Ce fut l’immense paradoxe en guise d’apothéose européiste : l’échec des Etats-Unis d’Europe avait redonné le pouvoir à l’oligarchie technocratique européenne.

Depuis quelques temps déjà le référendum était regardé par nos sages hiérarques comme objet dangereux, une espèce de bombe à ne pas mettre entre toutes les mains. Le souverain peuple avait vécu. L’Europe aristocratique d’hier est l’oligarchie technocratique d’aujourd’hui tenaient enfin leur revanche sur ces incorrigibles français ».

Il y a des Europe possibles et il semble qu’il a été opté pour la pire des variantes. L’Europe est constituée de vieux pays d’une histoire très riche, de culture forte, avec leurs individualismes, leurs particularismes, il faut trouver la meilleur union, celle qui peut englober tous les paramètres nécessaires à une réussite, mais est-ce possible ?

Conclusion.

« De GAULLE a échoué. 40 ans après sa mort, son chef-d’œuvre est en ruine. Les français vivent dans le « reflet du prince », comme disait Anatole France, mais personne ne l’incarne plus. Nous vivons dans une ère carnavalesque. Nicolas SARKOZY fut un BONAPARTE de carnaval, François HOLLANDE est un MITTERAND de carnaval et Manuel VALLS un CLEMENCEAU de carnaval.

La plupart de nos élites ont renoncé. La France industrielle n’appartient plus à la France. Nos élites médiatiques justifient et exaltent ce grand renoncement, admonestent et traquent les rares rebelles, et déversent un flot continue de « moraline » culpabilisante sur l’esprit public.

Nous ne sommes pas irréformables, nous sommes incohérents. Tout doit être détruit, piétiné, saccagé. Le multiculturalisme américain doit nous servir de nouveau modèle, même s’il vient de l’esclavage et a longtemps flirté avec l’apartheid de fait. L’idéologie de la mondialisation, antiraciste et multi culturaliste, sera au XXème siècle ce que le nationalisme fut au XIXème siècle et le totalitarisme au XXème siècle, un progressisme messianique fauteur de guerres, on aura transféré la guerre entre nations à la guerre à l’intérieur des nations. Ce sera l’alliance du « doux monde » et de la guerre civile.

Marcel GAUCHET a bien résumé notre malheur : « Notre héritage fait de nous des inadaptés par rapport à un monde qui dévalorise ce que nous sommes portés spontanément à valoriser, et qui porte au premier plan ce que nous regardions de haut ».

« Le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas » pensée attribuée à MALRAUX ou à Jean-Paul II qui pose la question du mot religieux. Je ne sais pas si cette phrase a du sens. Ce que nous voyons, c’est que des millions d’hommes se battent, se tuent, pour une hypothèse qui s’appelle Dieu.

Peut-on encore affirmer que l’homme est un animal raisonnable ?