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Le roman d’Eliette ABECASSIS est-il un roman ou un prétexte pour évoquer le traumatisme de la Shoa et le problème de l’existence du mal ?

C’est toute la question !

Je trouve ce livre décevant, ce n’est pas un roman qui fait passer un message, des idées, une analyse, mais des digressions philosophiques certes intéressantes mais annihilant quasi totalement la partie romancée.

L’auteure aurait dû à mon sens nous proposer un ouvrage philosophique sur le thème du mal en articulation avec la Shoa. Enfin, je reconnais que ce livre ait pu servir d’exutoire, d’outil thérapeutique pour essayer de répondre à un choc terrible dans l’histoire de l’humanité qui ne peut qu’interroger en profondeur sur l’existence de Dieu, la nature profonde de l’humain. 

« Lorsque j’étais venu pour la première fois, des années auparavant dans cet appartement aux hauts plafonds traversés de poutres je n’avais pu m’empêcher de remarquer que j’étais dans un intérieur juif. Ce n’était pas le chandelier sur la bibliothèque, ce n’était pas les gravures représentant des sages en train de prier, ni les vieux livres hébraïques, c’était une atmosphère indéfinissable, qui m’avait curieusement ému. Chaque objet abritait une sorte de mystère ; comme une éternité qui traversait la vieillesse, une antiquité vénérable, un privilège d’être là et de porter une longue histoire, celle d’un monde passé, recréé par la flamme de ceux qui en était les gardiens, les dépositaires : une étrange fidélité. »

« Comme tu vois, Auschwitz pose un grave problème aux religieux, murmurai-je à Félix. Comment est-il possible de croire en un Dieu qui a laissé faire une telle catastrophe ? »

« …les musées et les mémorial sont là, telle l’histoire d’Hérodote pour forger l’esprit des nations, pour dispenser l’éducation populaire propre à cimenter l’union d’un peuple. »

« …Ne voyez-vous pas disait-il, que le mondes est le même, que les nations se dressent contre les nations, que l’on tue, que l’on torture et l’on continue de commettre des génocides ? Les hommes sont toujours ces monstres, ces bêtes vicieuses et mauvaises et pourtant aucun animal n’atteindra jamais leur cruauté. Comment peut-on voir en Auschwitz une rédemption finale ? »

« …parce qu’Auschwitz pose le plus grave problème théologique qui se soit jamais posé au christianisme : le problème du sens de la souffrance. L’Eglise a peur et, au lieu de reflechir sur sa doctrine, elle cherche par tous les moyens à s’approprier le sens de la Shoa, comme elle s’est approprié le destin d’un certain Yéchoua crucifié par les romains… »

« Je ne crois pas à la diabolisation du mal, je crois à sa banalité, à sa normalité. Le mal c’est l’agrégation d’une multitude d’éléments infimes. Les juifs pendant la guerre étaient un paramètre peu important, un seul fait parmi une myriade d’autres. »

« Le mal vient eux cœurs simples, comme aux cœurs méchants, aux âmes heureuses comme aux tristes. Le mal vient, mais nul ne sait d’où. L’eau n’est pas seulement eau qui purge. Elle est aussi Déluge et tempête. »

46FC673E-0B29-F0B0-F582-68A319A7903DEliette ABECASSIS