img499

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a peu de philosophes et beaucoup de professeurs de philosophie, il y a des d’hommes qui philosophent. Les vrais philosophes sont ceux qui mettent en adéquation leurs pensées et leurs vies, voilà ce que pense THOREAU.

FWjipW0e_400x400Henry David THOREAU

« la corporation philosophante ne saurait apprécier un homme qui a écrit un jour que nous avons pléthore de professeurs de philosophie, mais nulle part des philosophes. S’il est un naturaliste haut de gamme, THOREAU est également un fin lecteur mais pour lui les indiens les plus frustres savent beaucoup plus de choses que les philosophes européens les plus aguerris. »

THOREAU est un philosophe sans compromis, un philosophe de l’action, de la terre, du vent, du soleil et de la lune. Mais pour autant peut-on adhérer à toutes ses thèses ? non. Il pose six grandes formules que nous allons brièvement commenter à chacun ensuite d’apporter sa propre contribution.

« Explore-toi toi-même » Voyager c’est perdre son temps, mieux vaut partir à la recherche de soi. Pourquoi l’un empêcherait l’autre ? KANT est-il meilleurs philosophe que MONTAIGNE ?

« Vivre la vie qu’on a imaginé » certes, mais la société et ses contraintes nous permettent-elles de mettre en œuvre ce précepte ? Peu d’homme ont la force d’un DIOGENE dans son tonneau !

« Vivre libre et sans liens » tel le loup de la fable de LA FONTAINE le loup et le chien. Ne pourrait-on pas envisager un juste milieu qui inscrirez : essayez de vivre libre, et de vous débarrasser du plus de liens possibles.

« Simplifiez, simplifiez » pourquoi tout complexifier ? Créer désir sur désir et ainsi s’éloigner de l’apaisement donc d’un certain bonheur.

« Aime ta vie », il y a toujours mieux, il y a toujours pire, mais peut-on aimer une vie pleine de souffrance, de paralysie, de malheur ? je ne peux pas répondre à une telle question. THOREAU écrit : « Aimer la vie, c’est aimer en soi la vie qui veut la vie. C’est laisser faire la nature, vivre pleinement chaque instant, ignorer le péché. »

« Faites en sorte que votre existence soit un contre-frottement qui arrête le mouvement de la machine » idée tirée de son ouvrage la désobéissance civile. C’est une pensée fondamentale, car THOREAU écrit « se changer c’est contribuer à changer l’ordre du monde »

Pour THOREAU la nature est au-dessus de tout. « Le savoir, la culture, les livres, les bibliothèques, comptent pour rien quand ils nous éloignent de la nature. » THOREAU se méfie des livres, il sait que, dans une bibliothèque certains sont nocifs et d’autres cardinaux. Plutôt un traité d’apiculture que la phénoménologie de l’esprit. »

« …Nous ne nous appartenons pas, nous perdons notre vie à la gagner, nous vivons comme des machines, nous remettons toujours notre vie au lendemain. Il définit le bonheur comme absence de trouble et dans la foulée trouve des vertus à la frugalité, à la chasteté, à la continence. »

« THOREAU fut un héraclitéen, le penseur du fleuve qui coule et pour lequel la seule permanence est l’impermanence. Il aura vécu immobile dans le fleuve. » Pour lui le grand homme fait l’histoire qui fait le grand homme, HEGEL donne la formule des grands hommes : « leur but atteint, ils sont tombés comme des douilles vides. »

THOREAU développe une pensée politique, «  le salariat avilit l’homme, il l’abaisse, le contraint. La presse transforme l’accessoire en essentiel, elle s’attarde sur le futile et nous détourne de ce qui est fondamental la vie philosophique. Les faits divers prennent toute la place, les choses vulgaires s’installent au-devant de la scène. Dès lors, cette vulgarité nous infuse, elle nous contamine, elle nous salit. »

« Le pouvoir n’existe que par le consentement de ceux sur lesquels il s’exerce, il suffit de ne plus consentir pour obtenir que le pouvoir s’effondre. Voilà. Point à la ligne. »

Quel que soit notre perception de THOREAU c’est un vrai philosophe qui a mis en pratique ses pensées et ce le plus loin possible. Cela passe par des renoncements, de l’humilité et une vraie quête intérieure qui n’est pas à la portée du plus grand nombre.

« Avoir construit sa vie de façon à ne rien regretter le jour où on la quitte, prouve que le philosophe a bien travaillé et qu’il est devenu sage. »