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Un nouveau roman très noir, limite malsain, mettant en scène l’auteur et ses visions très sombres de l’humanité, marquant un fort dégoût de lui-même. Que nous soyons sur un registre d’à peu près vérité où d’imagination, il n’en demeure pas moins que le lecteur peut s’interroger sur la personnalité trouble de monsieur HOUELLEBECQ.

… « je m’aperçois que j’avais eu raison à l’époque, les filles sont des putes si on veut, on peut voir de cette manière, mais la vie professionnelle est une pute bien plus considérable, et qui ne nous donne aucun plaisir. »

La dégradation de l’individu, le refus de l’amour, l’obsession du sexe, le désir suicidaire, le désir meurtrier, l’alcoolisme, rien de beau, pas un espace de ciel bleu, glaçant du début à la fin. Même si je peux comprendre le désarroi que l’on peut ressentir en observant les hommes, je regrette un livre qui finalement n’apporte rien, voire contribue à la noirceur ambiante. CIORAN, SCHOPENHAUER, sont des philosophes auxquel HOUELLEBECQ pourrait se référer, mais nous ne sommes pas dans l'espace philosophique, ni romanesque, nous évolouons dans un sous-sol mal éclairé, sans espoir d'apercevoir la moindre lumière naturelle.

« Les hommes en général ne savent pas vivre, ils n’ont aucune vraie familiarité avec la vie, ils ne s’y sentent jamais tout à fait à leur aise aussi poursuivent-ils différents projets plus ou moins ambitieux, plus ou moins grandioses, c’est selon, en général bien entendu ils échouent et parviennent à la conclusion qu’ils auraient mieux fait, tout simplement de vivre mais en général aussi il est trop tard. »

« Décidément on ne peut rien à la vie des gens me disais-je, ni l’amitié ni la compassion, ni la psychologie ni l’intelligence des situations ne sont d’une utilité quelconque, les gens fabriquent eux-mêmes le mécanisme de leur malheur, ils remontent la clef à bloc et ensuite le mécanisme continue de tourner inéluctablement. »

« Les gens n’écoutent jamais les conseils qu’on leur donne, et lorsqu’ils demandent des conseils c’est tout à fait spécifiquement afin de ne pas les suivre, afin de se faire confirmer, par une voix extérieure, qu’ils se sont engagés dans une spirale d’anéantissement et de mort, les conseils qu’on leur donne jouent pour eux exactement le rôle du chœur tragique, confirment au héros qu’il a pris le chemin de la destruction et du chaos. »

Nous pouvons nous demander si l’auteur n’y prend pas un plaisir ce qui, pour le coup, serait très déviant.

michel-houellebecqMichel HOUELLEBECQ