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En poésie, ma règle, peu de commentaires, c’est le cœur qui parle, l’intériorité qui jaillit.

Je viens de lire « la présence pure » de Christian BOBIN.

J’ai retenu des passages, ce qui à mon sens revient à faire émerger également mon intériorité de lecteur. J’ai été particulièrement ému par le texte présence pure dans lequel  Christian BOBIN évoque la maladie d’Alzheimer de son père.

 L’autre visage,

Visite dans un autre monde, un monde de profondeur humaine.

« Chez nous la parole n’est pas comme chez vous une partie de monde, une île déserte dans l’océan du silence. »

« Quand l’un d’entre nous est atteint de langueur, il va chez son ami, c’est-à-dire chez le premier venu, car tous ici sont frères et sœurs. »

« Nous ne punissons pas le criminel, nous l’aidons à rétablir en lui sa respiration naturelle. »

« Chez nous pas de sagesse, pas de folie. »

« Innombrables les sentences de vos sages, inépuisables les proverbes de vos fous. »

« Chez nous le contraire de la folie ce n’est pas la sagesse, mais la joie. »

« Qui essuie la lumière avec un chiffon sale ? La folie. »

 

Mozart sous la pluie,

Le poète montre la vérité de l’être, notre nature pure à retrouver.

« Il y a beaucoup de souffrance dans le monde et il y a en quantité égale, beaucoup d’enfance. »

« Elle m’a écrit qu’elle souhaitait trouver dans les livres autant de miracles que de ces voyages où il ne se passe rien. »

« Pour perdre une chose, encore faut-il auparavant l’avoir possédé. Nous n’avons rien eu à nous dans cette vie, jamais rien à perdre, rien d’autre à faire que chanter… »

 

Un désordre de pétales rouges,

Humilité, espoir, dans ce beau texte.

« Je crois que c’est une infirmité d’époque, une infirmité profonde, une infirmité grave que de se croire supérieur à ce dont on parle. »

« Il y a toujours quelqu’un aux côtés du solitaire, une présence sur laquelle il appuie en secret chacune de ses phrases, une lumière unique et nécessaire. »

 

L’équilibriste,

Dialogue avec un homme cheval poético-philosophique.

« Nous nous accoutumons trop vite à ce que nous avons. Dieu merci, le printemps vient parfois remettre du désordre dans tout ça, nous découvrons que nous n’avons rien eu à nous et cette découverte est la plus joyeuse que je connaisse. »

 La présence pure,

Magnifique texte sur la maladie d’Alzheimer.

 « La bête qui ronge leur conscience leur en laisse assez pour qu’ils connaissent, par instants, l’horreur d’être là. »

« Il est impossible de protéger du malheur ceux qu’on aime : j’aurai mis longtemps pour apprendre une chose aussi simple. Apprendre est toujours amer, toujours à nos dépens. Je ne regrette pas cette amertume. »

« Hier après-midi, en voyant mon père, j’avais 86 ans. Un peu plus tard, en regardant un nouveau-né, j’avais deux mois et des poussières. J’ai toujours le même âge que ceux que je rencontre. »

« La vérité vient de si loin pour nous atteindre que, lorsqu’elle arrive près de nous, elle est épuisée et n’a presque plus rien à nous dire. Ce presque rien est un trésor. »

« Ceux qui ont très peu de jours et ceux qui sont très vieux sont dans un autre monde que le nôtre. En se liant à nous ils nous font un présent inestimable. »

 Le Christ aux coquelicots,

Aphorismes poétiques rendant hommage au Christ.

« Même les plus beaux livres ne changent pas les gens, ils ne changent que leur auteur. »

christian_bobin_0Christian BOBIN