lire et philosopher pour vivre

27 janvier 2018

"Le pavillon des cancéreux" Alexandre Soljenitsyne

 

 

PAVILLON

 

Ce roman d’Alexandre SOLJENITSYNE est dense, lent, prenant, mettant en présence des microcosmes variés, assorti de fenêtres sur des thèmes tels que la maladie, la mort, la solitude, le joie, l’égoïsme, la famille,…

Nous sommes dans les années 60, fin de la stalinisation. Un centre de cancérologie, l’univers des malades, des soignants, les faiblesses humaines, la vie très dure qui offre des petits rayons de soleil auxquels s’accrocher. Gravement malade, déchu socialement, c’est le cas d’Oleg  KOSTOGLOTOV, de ROUSSANOV, et bien d’autres.

Chaque jour qui passe, la maladie est là envahissante, destructrice, génératrice d’égocentrisme, de peur, de douleur,  mais aussi d’espoir. Des soignants à la fois pas assez compatissants et parfois trop. Nous sommes les témoins d’une pièce de théâtre sérieuse, d’un huit clos oppressant.

Ce roman c’est aussi la littérature au service de la pensée politique, de la mise en lumière d’un régime par le prisme de la petitesse de l’homme confronté bien souvent à un destin tragique. Le roman s’achève sur une note positive, l’amour est présent et ce, même dans les situations les plus terribles. 

« Comment ? il y avait des gens qui moisissaient dans les tranchées, d’autres dont on déchargeait les corps dans les fosses communes, dans les trous à ras du sol qu’on creusait à grand peine dans la terre glacée du Pôle Nord, il y avait des gens que l’on mettait dans les camps une première fois, une deuxième fois, une troisième fois, il y avait des gens qui se figeaient de froid, emmenés en convoi sous escorte, des gens qui, pioche en main, suaient sang et eau, gagnant juste de quoi s’acheter un gilet chaud tout rapiécé, et il y avait ce gommeux qui se rappelait non seulement la taille de sa chemise mais aussi le numéro de son encolure ! C’est ce numéro d’encolure qui avait achevé Oleg ! Il n’aurait jamais pu imaginer que l’encolure, elle aussi, put avoir sa taille à elle ! Etouffant un gémissement de blessé, il s’éloigna du rayon des chemises. Il ne manquait plus que la taille de l’encolure ! qu’avait-il à faire d’une vie si raffinée ? A quoi bon y revenir à cette vie ? Se rappeler son encolure c’était forcément oublier d’autres choses ! et des choses plus importantes. »

« L’entreprise privée est une chose très souple, mais elle n’est bonne que dans d’étroites limites. Si on ne la maintient pas dans un étau de fer, elle engendre des hommes-loups, des hommes de la bourse qui ne connaissent aucune retenue à leurs appétits et à leur cupidité. Avant d’être condamné d’un point de vue économique, le capitalisme l’était déjà d’un point de vue éthique. Longtemps avant ! »

« …Voilà ce que c’est que le socialisme moral : ne pas lancer les hommes à la poursuite du bonheur, car le bonheur c’est encore une idole du commerce, mais leur proposer comme but la bienveillance mutuelle. Heureux l’animal qui déchiquette, sa proie l’est aussi tandis qu’il n’y a que les hommes qui puissent être bienveillants les uns envers les autres. Et c’est là ce que l’homme peut viser de plus haut »

AS Alexandre SOLJENITSYNE

 

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30 décembre 2017

"Berthe MORISOT le secret de la femme en noir" Dominique BONA

 

Bonne et heureuse année 2018, lisez,lisez et lisez encore....

 

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Merci à D.BONA pour ce travail d’historien rigoureux et passionnant.

Dominique BONA à écrit un livre passionnant, nous plongeant dans le monde des peintres impressionnistes à travers la personnalité forte de Berthe MORISOT femme peintre dans un milieu d’homme et une société fin dix-neuvième très rigide.

« ...C’est Berthe qui finalement osera faire ce que personne avant elle n’a osé dans la famille: aller jusqu’au bout d’un rêve, être ce que nul autre n’a été depuis FRAGONARD : artiste peintre. »

Berthe MORISOT est la jeune femme en noir au bouquet de violette modèle d’Edouard MANET. « Le noir de MANET l’emblème de son style, c’est un noir qui brille et s’irise des autres couleurs de sa palette, ni funèbre, ni sinistre un noir dynamique et joyeux. Ardent, comme les yeux de Berthe, la flamme qui illustre le mieux la couleur qu’il préfère. »

Sa vie de femme, sera une vie d’artiste peintre entourée de MANET dont elle épousera le frère, DEGAS, MONET, RENOIR et de son très proche ami MALLARME. Ce sera la vie d’une femme libre, d’une grande peintre reconnue après sa mort. Une femme qui aura su conquérir sa liberté, sa place tant versant familial qu’artistique. Elle fera partie du tout nouveau groupe appelé les « impressionnistes », et jusqu’au bout le portera.

« Pour MANET la peinture est une affaire individuelle. Pour Berthe comme pour DEGAS, MONET, elle passe par une synergie de groupe et par une scission radicale avec l’art officiel. » Elle admire particulièrement DEGAS « DEGAS sait voir le malheur, la détresse dans les yeux et les gestes de ceux qu’il peint, et il sait arracher aux femmes leurs secrets, violents ou délicats ». Edgar DEGAS est avec Berthe MORISOT le personnage le plus mystérieux de l’impressionnisme. Nul n’a pénétré loin dans son jardin secret.

La famille à toujours compté pour Berthe, ses sœurs, sa mère, plus distante de son frère et se son père. Elle finira par fonder tardivement une famille avec Auguste MANET lui-même peintre et elle aura une fille Julie. A sa mort elle laissera un grand vide pour sa fille et ses amis qui auront à cœur d’exposer la quasi-totalité de ses œuvres, hommage plus que mérité pour cette artiste « qui inventa sa liberté ».

Le poète G.MOORE écrira après sa mort: « Ses toiles sont les seules toiles peintes par une femme qu’on ne pourrait détruire sans laisser un blanc, un hiatus dans l’histoire de l’art ».

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06 décembre 2017

Jean d'Ormesson

 

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Aujourd'hui je suis triste.

Un grand Monsieur nous a quitté.

Un homme de lettres,

Un philosophe,

Un académicien,

Un optimiste qui croyait en la vie.
Un écrivain qui a écrit des livres s'adressant à tous,

Un homme qui nous a apporté un éclairage sur la vie, et sa perception de la mort.

Un homme d'esprit,

Un homme qui représentait la France élégante, brillante, cultivée.

Tous vos livres Monsieur d'Ormesson m'ont aidée à comprendre un peu
maintenant et méditer après.

Ou que vous soyez désormais, je vous dis merci Monsieur.



Michèle.

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10 novembre 2017

"Le joueur d'échecs" Maxime Vachier Lagrave

 

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Je viens d’achever la lecture du livre "joueur d’échecs" de Maxime Vachier Lagrave baptisé MVL dans le milieu échiquéen. Qui est MVL ? un Grand Maître International d’échecs qui se situe aujourd’hui dans les dix premiers joueurs mondiaux, et qui aspire à devenir le numéro un mondial ce n’est pas rien!

Plus médiatisé qu’il y a une dizaine d’année le microcosme des joueurs d’échecs reste méconnu, quant à celui des joueurs professionnels il ne semble accessible, compréhensible qu’aux initiés. Ce n’est pas une idée fausse, la lecture du livre de MVL s’adresse plus à des joueurs d’échecs, au minimum à des personnes connaissant un peu le milieu.

MVL affirme être un jeune homme ordinaire, et il essaye à travers un descriptif quotidien dont il aurait pu faire l’économie nous convaincre. Etre joueur professionnel d’échecs à ce niveau n’est pas ordinaire, sa vie n’est pas ordinaire, et essayer de nous décrire cette aventure à travers son quotidien hors compétition ne me paraît pas vraiment pertinent. En revanche, les quelques confidences sur sa façon de se comporter, de penser, sur ces adversaires, sont très intéressantes et encore plus pour les pratiquants. Son avis sur la formation, l’affaire de triche en 2010 est éclairant.

MVL aspire à être champion du monde, il à rendez-vous avec son destin pour rejoindre les FISCHER, KARPOV, KASPAROV...C’est un parcours hors du commun  dont il a voulu témoigner simplement dans ce livre.

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24 octobre 2017

Michel ONFRAY "Vivre une vie philosophique Thoreau le sauvage"

 

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Il y a peu de philosophes et beaucoup de professeurs de philosophie, il y a des d’hommes qui philosophent. Les vrais philosophes sont ceux qui mettent en adéquation leurs pensées et leurs vies, voilà ce que pense THOREAU.

FWjipW0e_400x400Henry David THOREAU

« la corporation philosophante ne saurait apprécier un homme qui a écrit un jour que nous avons pléthore de professeurs de philosophie, mais nulle part des philosophes. S’il est un naturaliste haut de gamme, THOREAU est également un fin lecteur mais pour lui les indiens les plus frustres savent beaucoup plus de choses que les philosophes européens les plus aguerris. »

THOREAU est un philosophe sans compromis, un philosophe de l’action, de la terre, du vent, du soleil et de la lune. Mais pour autant peut-on adhérer à toutes ses thèses ? non. Il pose six grandes formules que nous allons brièvement commenter à chacun ensuite d’apporter sa propre contribution.

« Explore-toi toi-même » Voyager c’est perdre son temps, mieux vaut partir à la recherche de soi. Pourquoi l’un empêcherait l’autre ? KANT est-il meilleurs philosophe que MONTAIGNE ?

« Vivre la vie qu’on a imaginé » certes, mais la société et ses contraintes nous permettent-elles de mettre en œuvre ce précepte ? Peu d’homme ont la force d’un DIOGENE dans son tonneau !

« Vivre libre et sans liens » tel le loup de la fable de LA FONTAINE le loup et le chien. Ne pourrait-on pas envisager un juste milieu qui inscrirez : essayez de vivre libre, et de vous débarrasser du plus de liens possibles.

« Simplifiez, simplifiez » pourquoi tout complexifier ? Créer désir sur désir et ainsi s’éloigner de l’apaisement donc d’un certain bonheur.

« Aime ta vie », il y a toujours mieux, il y a toujours pire, mais peut-on aimer une vie pleine de souffrance, de paralysie, de malheur ? je ne peux pas répondre à une telle question. THOREAU écrit : « Aimer la vie, c’est aimer en soi la vie qui veut la vie. C’est laisser faire la nature, vivre pleinement chaque instant, ignorer le péché. »

« Faites en sorte que votre existence soit un contre-frottement qui arrête le mouvement de la machine » idée tirée de son ouvrage la désobéissance civile. C’est une pensée fondamentale, car THOREAU écrit « se changer c’est contribuer à changer l’ordre du monde »

Pour THOREAU la nature est au-dessus de tout. « Le savoir, la culture, les livres, les bibliothèques, comptent pour rien quand ils nous éloignent de la nature. » THOREAU se méfie des livres, il sait que, dans une bibliothèque certains sont nocifs et d’autres cardinaux. Plutôt un traité d’apiculture que la phénoménologie de l’esprit. »

« …Nous ne nous appartenons pas, nous perdons notre vie à la gagner, nous vivons comme des machines, nous remettons toujours notre vie au lendemain. Il définit le bonheur comme absence de trouble et dans la foulée trouve des vertus à la frugalité, à la chasteté, à la continence. »

« THOREAU fut un héraclitéen, le penseur du fleuve qui coule et pour lequel la seule permanence est l’impermanence. Il aura vécu immobile dans le fleuve. » Pour lui le grand homme fait l’histoire qui fait le grand homme, HEGEL donne la formule des grands hommes : « leur but atteint, ils sont tombés comme des douilles vides. »

THOREAU développe une pensée politique, «  le salariat avilit l’homme, il l’abaisse, le contraint. La presse transforme l’accessoire en essentiel, elle s’attarde sur le futile et nous détourne de ce qui est fondamental la vie philosophique. Les faits divers prennent toute la place, les choses vulgaires s’installent au-devant de la scène. Dès lors, cette vulgarité nous infuse, elle nous contamine, elle nous salit. »

« Le pouvoir n’existe que par le consentement de ceux sur lesquels il s’exerce, il suffit de ne plus consentir pour obtenir que le pouvoir s’effondre. Voilà. Point à la ligne. »

Quel que soit notre perception de THOREAU c’est un vrai philosophe qui a mis en pratique ses pensées et ce le plus loin possible. Cela passe par des renoncements, de l’humilité et une vraie quête intérieure qui n’est pas à la portée du plus grand nombre.

« Avoir construit sa vie de façon à ne rien regretter le jour où on la quitte, prouve que le philosophe a bien travaillé et qu’il est devenu sage. »

 

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29 août 2017

COLETTE "Dialogues de bêtes"

 

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Colette nous offre une parenthèse littéraire pleine d’humour et de tendresse. Un roman léger, original, qui donne la parole à Tobby le chien et Kiki la doucette le chat.

Ils expriment de la fenêtre de leur quotidien leurs visions, leurs réactions de la vie quotidienne d’un chat et d’un chien de bonne famille ! leurs différences, leurs attentes, leurs craintes et leurs joies, finalement ce n’est que ce que nous humains pensons de nos chats et chiens il ne faudrait surtout pas penser le contraire.

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Une prosopopée que je terminerai par une pensée philosophique de kiki la doucette :

« Pardon de ne pas changer. Quelle est cette rage de changement qui vous possède tous ? Changer c’est détruire. Il n’y a d’éternel que ce qui ne bouge pas. »

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14 août 2017

"Cinq méditations sur la mort autrement dit sur le vie" François CHENG

 

 

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François CHENG nous propose 5 méditations sur la mort autrement dit sur la vie.

Voilà le sujet le plus important qui soit pour l’homme. La finitude et ses conséquences. Le sens de la vie ou son absurdité. Comment mener sa vie le plus intelligemment possible? Comment vivre et gérer nos inégalités naturelles et conventionnelles? Pas de réponse vraiment à ces questionnements, mais des questions qui in fine marquent notre soif de transcendance.

« Immense paradoxe: la conscience de la mort qui nous taraude est loin d’être une force purement négative, elle nous fait voir la vie non plus comme une simple donnée, mais bien comme un don inouï, sacré. »

« On finit même par comprendre que le bonheur provient toujours d’une rencontre, d’un échange, d’un partage. »

La mort doit nous apprendre à vivre, pour autant la vie peut-elle nous apprendre à mourir? Le bonheur ici et maintenant n’est-il pas avec l’autre cet autre qui peut aussi être mon enfer.

« Aimer un être, c’est dire : « toi tu ne mourras pas » Gabriel MARCEL

« L’esprit se meut, l’âme s’émeut, l’esprit raisonne, l’âme résonne » écrit F.CHENG

« Tout être, de par son unicité tend vers la plénitude de sa présence au monde, à l’instar d’une fleur ou d’un arbre. Tels sont le commencement et la définition même de la beauté »

Bergson propose une dimension supplémentaire. « Le degré suprême de la beauté est la grâce, mais par le mot grâce on entend aussi la bonté. Car la bonté suprême, c’est cette générosité d’un principe de vie qui se donne indéfiniment. C’est là le sens même de la vie. »

Réfléchir sur la mort, doit nous permettre de tirer des enseignements pour orienter notre vie le mieux possible. La plupart des hommes au quotidien oublient qu’ils sont mortels alors même que cette conscience permanente génératrice d’humilité permettrait d’éviter bien des écueils.

« Malgré nos milles mesures visant à nous sécuriser, nous vivons sous la menace des maladies, d’accidents, des conflits meurtriers, de pertes d’être chers. D’où notre permanente angoisse. Compte tenu de cette situation, il y a bien lieu de parler du miracle d’être là ensemble, de partager ce rare bonheur d’un vrai échange. »

Mais cette réflexion s’applique-t-elle aux grands brulés, tétraplégiques, grands dépressifs,...Venir au monde a-t-il un sens? à cette question apparaît Dieu opium du peuple ou grande espérance ? Notre finitude doit nous aider dans notre rapport à l’autre, aux êtres chers. L’homme doit s’interroger sur lui, ce radeau ivre perdu dans l’immensité de l’univers, son attitude, le bien et le mal. Autant CIORAN se révolte contre la vie qu’il n’a pas demandé, autant l’attitude de la vie ouverte que propose CHENG est une acceptation positive.

Je ne sais pas si la vie est précieuse, si Dieu existe, mais ce chemin qu’il soit court, long, agréable, désagréable, nous devons le parcourir.

« Confondre la vraie liberté, garante de la dignité humaine, avec un laisser-aller qui serait régi par le seul principe de plaisir relève d’une méprise mortifère »

« L’homme, être doué d’intelligence et de liberté, lorsqu’il est mû par la volonté de possession et de domination, est capable de tout pervertir, causant des souffrances inouïes et menaçant de détruire l’ordre de la vie même. »

Victor HUGO prononça un discours sur la tombe de la fiancée de son fils dont voici un extrait:

« Le prodige de ce grand départ céleste qu’on appelle la mort, c’est que ceux qui partent ne s’éloignent point. Ils sont dans un monde de clarté, mais ils assistent, témoins attendris, à notre monde de ténèbres. Ils sont en haut et tout près. Oh ! qui que vous soyez, qui avez vu s’évanouir dans la tombe un être cher, ne vous croyez pas quittés par lui. Il est toujours là. Il est à côté de vous plus que jamais. La beauté de la mort c’est la présence. Présence inexprimable des âmes aimées, souriant à nos yeux en larme. L’être pleuré est disparu, non parti. Nous n’apercevons plus son doux visage, nous nous sentons sous ses ailes. Les morts sont les invisibles, mais ils ne sont pas les absents...»

« Au-delà du comique ou du tragique de notre précarité, bien au-delà, il y a le haut fait d’être, le sacré fait d’être. Rien ne peut faire que cet homme-là, que cette âme-là, n’ait pas été. Rien ne peut plus effacer ce qui constituait son unicité. »

JANKELEVITCH écrit: « si la vie est éphémère, le fait d’avoir vécu une vie éphémère est un fait éternel.»

Alors pourquoi posséder, aimer, apprendre, créer, et disparaître ?

GABIN termine sa chanson en disant...maintenant je sais qu’on ne sait jamais....mais ça je le sais.

Est-ce la vraie leçon à recevoir?

 

 

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05 août 2017

"Un été avec Machiavel" Patrick BOUCHERON

 

640_maxnewsspecial093064Patrick BOUCHERON

né en 1965, est professeur d’histoire du Moyen Âge à l’université de
Paris 1 et directeur des Publications de la Sorbonne. Il est par ailleurs
membre du comité éditorial de la revue L'Histoire
et conseiller éditorial aux éditions du Seuil pour la collection

"L'Univers Historique".

             

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Les temps changent, et c’est le moment de se tourner vers Nicolas MACHIAVEL, car il « est le maître des déniaisements »et l’alliés des mauvais jours. Il est vrai que lorsqu’on évoque MACHIAVEL nous pensons immédiatement au machiavélisme c’est-à-dire au mal, au mensonge, à la manipulation.

« Si on le relit aujourd’hui, c’est qu’il y a de quoi s’inquiéter. Il revient réveillez-vous !

Le machiavélisme n’est pas la doctrine de MACHIAVEL, mais celle que ses plus malveillants adversaires lui prêtaient. Le livre qu’on appelle communément le Prince, s’appelle de principatibus, des principautés. »

MACHIAVEL c’est évidemment tout autre chose, c’est un philosophe, un penseur politique d’un pragmatisme très poussé afin de coller au réel.

« Nicolas n’aura pas de brillants précepteurs, il n’ira pas à l’université, il ne saura pas le grec. Ce n’est pas un humaniste et ceux qui se targuent de l’être lui en feront payer le prix sa vie durant. » Cest un penseur du réel, de la macro politique.

« Gouverner c’est agir dans l’aveuglement de l’indétermination des temps. La leçon est terrible. Voici pourquoi ce commencement, le meurtre fondateur de REMUS par ROMULUS dure encore aujourd’hui. La philosophie de MACHIAVEL repose sur le principe de l’indécision des temps et de l’imprévisibilité de l’action politique : on ne saurait justifier la fin par les moyens, la fin nous est inconnue, elle arrivera toujours trop tard pour justifier les moyens de l’action.»

La morale peut être mise de côté, excusée, si les buts atteints sont positifs pour le collectif, ainsi parlant de ROMULUS cette affirmation :" nous devons convenir que le fait l’accuse, que l’effet l’excuse "

MACHIAVEL décrit ce qui arrive. Au 15ème chapitre du Prince il déclare : « mon intention est d’écrie chose utile à qui l’entend. » Voici le geste révolutionnaire par excellence : décrire avec exactitude les choses qui arrivent, et laisser à ceux qui le voudront bien le soin d’en tirer des règles d’action. »

MACHIAVEL part du principe qu’il y a deux humeurs: la première le peuple désire ne pas être commandé ni opprimé par les grands. La seconde, les grands désirent commander et opprimer le peuple.

...le Prince n’a pas à faire le bien ou le mal, il fait bien ou mal ce qu’il a à faire. MACHIAVEL a cherché des Prince à admirer, et c’est parce qu’il ne les a pas trouvé qu’il a dû s’inventer un Prince de papier. Pour savoir ne pas perdre le pouvoir dont on s’est hardiment emparé, il faut des qualités propres qui ne sont pas celles de la morale commune.

Suite à une commande des MEDICIS à savoir écrire l’histoire de Florence qu’il accepte malgré son inimitié pour cette famille, il écrit « je ne dis jamais ce que je pense, ni ne pense jamais ce que je dis, si je dis parfois la vérité, je la cache parmi tant de mensonges qu’il est difficile de la découvrir. »

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14 juillet 2017

"La Salamandre" Morris WEST

 

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« Laissez toute espérance en entrant dans l’enfer » Dante l’enfer

Morris WEST nous plonge dans l’univers des services secrets italiens. Le héros est un agent du nom de Dante Alighieri, référence littéraire et spirituelle illustrant un parcours au sein des services de l'ombre.

« Comment peut-on savoir qu’une noix est saine, avant d’en avoir brisé la coquille ? Vous êtes un homme plein de contradictions mon Dante. Vous êtes un lâche et un héros. Vous êtes un sage et un fou. Vous êtes aussi mou que le mastic et aussi dur que le fer. Un ami peut vous acheter avec un sourire. Une bourse en or ne saurait vous corrompre. Comment finirez-vous ? Dieu seul le sait, mais je suis heureux de savoir que je n’ai pas perdu mon temps avec vous… »

Le Bien et le Mal s’affrontent de façon assez manichéenne contrairement à une réalité qui dans bien des circonstances est bien plus complexe. Le titre, La Salamandre, cet animal légendaire qui peut vivre dans le feu et l’éteindre représente bien cette résistance à la corruption, qui transforme, transmute. Un complot au plus haut niveau de l’armée se prépare et le colonel Dante Aligieri aura des choix à faire tant idéologiques, que moraux.

« Si le monde présent dévie, en vous en est la cause, en vous doit-elle être cherchée » Dante le purgatoire

Un roman simple et complexe, prenant avec des clefs à découvrir. En toile de fonds l’Italie, le comportement latin.

 « Nous autres latins sommes les gens les plus illogiques du monde. Nous nous méfions de nos mères quand elles nous donnent le sein. Les seules choses auxquelles nous croyons joyeusement sont les phénomènes dont on ne peut prouver l’existence comme les Madones qui pleurent, les maisons qui s’envolent et les papes infaillibles ».

« Certains attendent que le temps change, d’autres le saisissent avec force et agissent » Dante le paradis.

 

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18 avril 2017

"L'or et la cendre" Eliette ABECASSIS

 

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Le roman d’Eliette ABECASSIS est-il un roman ou un prétexte pour évoquer le traumatisme de la Shoa et le problème de l’existence du mal ?

C’est toute la question !

Je trouve ce livre décevant, ce n’est pas un roman qui fait passer un message, des idées, une analyse, mais des digressions philosophiques certes intéressantes mais annihilant quasi totalement la partie romancée.

L’auteure aurait dû à mon sens nous proposer un ouvrage philosophique sur le thème du mal en articulation avec la Shoa. Enfin, je reconnais que ce livre ait pu servir d’exutoire, d’outil thérapeutique pour essayer de répondre à un choc terrible dans l’histoire de l’humanité qui ne peut qu’interroger en profondeur sur l’existence de Dieu, la nature profonde de l’humain. 

« Lorsque j’étais venu pour la première fois, des années auparavant dans cet appartement aux hauts plafonds traversés de poutres je n’avais pu m’empêcher de remarquer que j’étais dans un intérieur juif. Ce n’était pas le chandelier sur la bibliothèque, ce n’était pas les gravures représentant des sages en train de prier, ni les vieux livres hébraïques, c’était une atmosphère indéfinissable, qui m’avait curieusement ému. Chaque objet abritait une sorte de mystère ; comme une éternité qui traversait la vieillesse, une antiquité vénérable, un privilège d’être là et de porter une longue histoire, celle d’un monde passé, recréé par la flamme de ceux qui en était les gardiens, les dépositaires : une étrange fidélité. »

« Comme tu vois, Auschwitz pose un grave problème aux religieux, murmurai-je à Félix. Comment est-il possible de croire en un Dieu qui a laissé faire une telle catastrophe ? »

« …les musées et les mémorial sont là, telle l’histoire d’Hérodote pour forger l’esprit des nations, pour dispenser l’éducation populaire propre à cimenter l’union d’un peuple. »

« …Ne voyez-vous pas disait-il, que le mondes est le même, que les nations se dressent contre les nations, que l’on tue, que l’on torture et l’on continue de commettre des génocides ? Les hommes sont toujours ces monstres, ces bêtes vicieuses et mauvaises et pourtant aucun animal n’atteindra jamais leur cruauté. Comment peut-on voir en Auschwitz une rédemption finale ? »

« …parce qu’Auschwitz pose le plus grave problème théologique qui se soit jamais posé au christianisme : le problème du sens de la souffrance. L’Eglise a peur et, au lieu de reflechir sur sa doctrine, elle cherche par tous les moyens à s’approprier le sens de la Shoa, comme elle s’est approprié le destin d’un certain Yéchoua crucifié par les romains… »

« Je ne crois pas à la diabolisation du mal, je crois à sa banalité, à sa normalité. Le mal c’est l’agrégation d’une multitude d’éléments infimes. Les juifs pendant la guerre étaient un paramètre peu important, un seul fait parmi une myriade d’autres. »

« Le mal vient eux cœurs simples, comme aux cœurs méchants, aux âmes heureuses comme aux tristes. Le mal vient, mais nul ne sait d’où. L’eau n’est pas seulement eau qui purge. Elle est aussi Déluge et tempête. »

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