lire et philosopher pour vivre

17 mars 2019

"A la ligne" Joseph PONTHUS

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« A la ligne » un texte de Joseph PONTHUS, qui nous fait vivre le travail à l’usine d’une manière très réaliste, avec une philosophie simple, transparente, sans ressentiment. La vie est difficile, mais on ne se plaint pas, on travaille dur, on survole une vie privée peu présente, mais intense car on sait profiter des rares bons moments.

                        « Ma vie n’aurait jamais été la même

                           sans la psychanalyse.

                           Ma vie ne sera jamais la même

                          depuis l’usine                       

        l’usine est un divan »

 

C’est un texte poétique, une chronique sociale qui nous fait comprendre que pour parler du travail d’usine, il faut y aller soi-même. De l’usine de poissons aux abattoirs on fait le travail, on gagne sa vie, on peine, on ne parle pas de lutte sociale, salaire, ce n’est pas le sujet.

 

                        « L’usine est

                           Plus que tout autre chose

                           un rapport au temps

                          Le temps qui passe

                           Qui ne passe pas

                          Eviter de trop regarder l’horloge

                   rien ne change des journées

                                                                                 précédentes. » 

C’est une description dans le détail des tâches répétitives, éprouvantes pour le physique, mais pour Joseph l’esprit est là. C’est un homme de lettre, cultivé, qui travaille à l’usine car rien d’autre ne s’offrait à lui dans la région mais il en est fier, c’est un homme courageux.

 

                        « L’usine bouleverse mon corps

                           mes certitudes

                           Ce que je croyais savoir du travail et

                          du repos

                          de la fatigue »

 

C’est ainsi qu’il tient, c’est ainsi qu’il donne un sens à sa vie. On chante pour tenir, on a des airs dans la tête.

 

                        « Dès qu’on rentre dans l’usine c’est la

                           Nuit

                           Ces néons

                           l’absence de fenêtres dans tous nos

                           immenses centres d’ateliers

                           une nuit qui va durer 8 heures

                           De travail minimum. »

On se lève très tôt, l’homme s’endurcit, résiste, combat, chevalier du pain quotidien. Il se révolterait bien je n’en doute pas car «  est-ce ainsi que les hommes vivent » ? Pas possible, une nouvelle semaine commence, une nouvelle journée, les heures de labeurs, clopes, cafés petites pauses, cadence, rendement, rentrer, repos, apercevoir sa femme, promener le chien, dormir, repartir.

                        « L’usine m’a apaisé comme un divan

                           si j’avais eu à devenir fou

                           c’eût été dès les premiers jours

                           crevettes aux poissons panés à

                           l’abattoir

                           c’eût été la nuit du tofu

                           la fin de l’usine sera comme la fin de l’analyse »

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09 mars 2019

"Sérotonine" Michel HOUELLEBECQ

 

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Un nouveau roman très noir, limite malsain, mettant en scène l’auteur et ses visions très sombres de l’humanité, marquant un fort dégoût de lui-même. Que nous soyons sur un registre d’à peu près vérité où d’imagination, il n’en demeure pas moins que le lecteur peut s’interroger sur la personnalité trouble de monsieur HOUELLEBECQ.

… « je m’aperçois que j’avais eu raison à l’époque, les filles sont des putes si on veut, on peut voir de cette manière, mais la vie professionnelle est une pute bien plus considérable, et qui ne nous donne aucun plaisir. »

La dégradation de l’individu, le refus de l’amour, l’obsession du sexe, le désir suicidaire, le désir meurtrier, l’alcoolisme, rien de beau, pas un espace de ciel bleu, glaçant du début à la fin. Même si je peux comprendre le désarroi que l’on peut ressentir en observant les hommes, je regrette un livre qui finalement n’apporte rien, voire contribue à la noirceur ambiante. CIORAN, SCHOPENHAUER, sont des philosophes auxquel HOUELLEBECQ pourrait se référer, mais nous ne sommes pas dans l'espace philosophique, ni romanesque, nous évolouons dans un sous-sol mal éclairé, sans espoir d'apercevoir la moindre lumière naturelle.

« Les hommes en général ne savent pas vivre, ils n’ont aucune vraie familiarité avec la vie, ils ne s’y sentent jamais tout à fait à leur aise aussi poursuivent-ils différents projets plus ou moins ambitieux, plus ou moins grandioses, c’est selon, en général bien entendu ils échouent et parviennent à la conclusion qu’ils auraient mieux fait, tout simplement de vivre mais en général aussi il est trop tard. »

« Décidément on ne peut rien à la vie des gens me disais-je, ni l’amitié ni la compassion, ni la psychologie ni l’intelligence des situations ne sont d’une utilité quelconque, les gens fabriquent eux-mêmes le mécanisme de leur malheur, ils remontent la clef à bloc et ensuite le mécanisme continue de tourner inéluctablement. »

« Les gens n’écoutent jamais les conseils qu’on leur donne, et lorsqu’ils demandent des conseils c’est tout à fait spécifiquement afin de ne pas les suivre, afin de se faire confirmer, par une voix extérieure, qu’ils se sont engagés dans une spirale d’anéantissement et de mort, les conseils qu’on leur donne jouent pour eux exactement le rôle du chœur tragique, confirment au héros qu’il a pris le chemin de la destruction et du chaos. »

Nous pouvons nous demander si l’auteur n’y prend pas un plaisir ce qui, pour le coup, serait très déviant.

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03 février 2019

Philosophons ce soir avec Jean-Jacques ROUSSEAU

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"Le bonheur est un état permanent qui ne semble pas fait ici bas pour l'homme. Tout est sur la terre dans un flux continuel qui ne permet à rien d'y prendre une forme constante. Tout change autour de nous. Nous changeons nous-même et nul de peut s'assurer qu'il aimera demain ce qu'il aime aujourd'hui. Ainsi tous nos projets de félicité pour cette vie sont des chimères. Profitons du contentement d'esprit quand il vient, gardons nous de l'éloigner par notre faute, mais ne faisons pas des projets pour l'enchaîner, car ces projets-là sont de pures folies.

J'ai vu peu d'hommes heureux, peut-être point, mais j'ai souvent vu des coeurs contens, et de tous les objets qui m'ont frappé c'est celui qui m'a le plus contenté moi-même. Je crois que c'est une suite naturelle du pouvoir des sensations sur mes sentiments internes. Le bonheur n'a point d'enseigne extérieure, pour le connaître il faudrait lire dans le coeur de l'homme heureux, mais le contentement se lit dans les yeux, dans le maintien,dans l'accent, dans la démarche,et semble se communiquer à celui qui l'aperçoit. Est-il une jouissance plus douce que de voir un peuple entier se livrer à la joye un jour de fête et tous les coeurs s'épanouir aux rayons suprêmes du plaisir qui passe rapidement mais vivement à travers les nuages de la vie ?"

Le rêveries du promeneur solitaire 9ème promenade.

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24 janvier 2019

J'ai lu ce soir:"L’Âne et ses Maîtres" La Fontaine

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L'ÂNE ET SES MAITRES

L'Âne d'un Jardinier se plaignait au Destin 
De ce qu'on le faisait lever devant l'aurore. 
Les Coqs, lui disait-il, ont beau chanter matin ; 
             Je suis plus matineux encor. 
Et pourquoi ? Pour porter des herbes au marché. 
Belle nécessité d'interrompre mon somme ! 
             Le sort de sa plainte touché 
Lui donne un autre Maître ; et l'Animal de somme 
Passe du Jardinier aux mains d'un Corroyeur. 
La pesanteur des peaux, et leur mauvaise odeur 
Eurent bientôt choqué l'impertinente Bête. 
J'ai regret, disait-il, à mon premier Seigneur. 
             Encor quand il tournait la tête, 
             J'attrapais, s'il m'en souvient bien, 
Quelque morceau de chou qui ne me coûtait rien. 
Mais ici point d'aubaine ; ou si j'en ai quelqu'une
C'est de coups. Il obtint changement de fortune, 
             Et sur l'état d'un Charbonnier 
             Il fut couché tout le dernier. 
Autre plainte. Quoi donc, dit le Sort en colère, 
             Ce Baudet-ci m'occupe autant 
             Que cent Monarques pourraient faire. 
Croit-il être le seul qui ne soit pas content ? 
             N'ai-je en l'esprit que son affaire ? 

Le Sort avait raison ; tous gens sont ainsi faits : 
Notre condition jamais ne nous contente : 
             La pire est toujours la présente. 
Nous fatiguons le Ciel à force de placets.
Qu'à chacun Jupiter accorde sa requête, 
             Nous lui romprons encor la tête.

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19 janvier 2019

"Cent ans de solitude" Gabriel Garcia Marquez

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Un chef d’œuvre de la littérature. Un village mythique, une dynastie les Buendia, une aventure hors du commun, onirique, philosophique, poétique, mystique, fantastique. Un livre envoûtant, déroutant, prenant. MARQUEZ avec ce roman rentre dans la cour des grands.

Nous ne parlerons pas de l’histoire, que dis-je des histoires du livre car il faut investir ses territoires, être auprès d’Auréliano, Ursula, José… C’est une généalogie ésotérique dans un monde parallèle.

"  A aucun moment de sa vie Aureliano n’avait été aussi lucide qu’en cet instant où il oublia ses morts et la douleur de ses morts, et se remit à clouer portes et fenêtres avec les croisillons de Fernanda, afin de ne se laisser déranger par aucune tentation du monde extérieur, car il savait à présent que dans les parchemins de Melquiades était écrit son destin…C’était l’histoire de la famille rédigée par Melquiades jusque dans ses détails quotidiens, avec 100 ans d’anticipation..."

 

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25 décembre 2018

Noël, Nouvel An

Lisez pour vous élever, mieux connaître l'autre, le monde, en tirer des enseignements pratiques.

Je vous souhaite un Joyeux Noël ainsi qu'une année 2019 apaisée.

Je vous propose un poème de Beaudelaire, peut-être un des plus anciennement composés. Poème tiré d'un incident de voyage, lorsqu'il naviguait vers l'île Maurice.

L'albatros

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage

Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,

Qui suivent, indolents compagnons de voyage,

Le navire glissant sur les gouffres amers

 

A peine les ont-ils déposés sur les planches,

Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux

Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches

Comme des avirons traîner à côté d'eux

 

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!

Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!

L'un agace son bec avec un brûle-gueule,

L'autre mime, en boîtant, l'infirme qui volait!

 

Le poète est semblable au prince des nuées

Qui hante la tempête et se rit de l'archer;

Exilé sur le sol au milieu des huées,

Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

Les Fleurs du Mal, éd. de 1861

 

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16 décembre 2018

"Sur les chemins noirs" Sylvain TESSON

 

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C’est après une chute qui aurait pu être totalement invalidante, que Sylvain TESSON a voulu emprunter les chemins noirs. Ces chemins représentés par un trait fin sur les cartes, que très peu empruntent.

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Un parcours initiatique pour l’auteur. Les ronces, les orties, des paysans oubliés de tous, des paysages à l’abandon, menacés par l’urbanisation galopante. C’est un cheminement hexagonal hors du monde, tellement méconnu, tellement oublié. C’est la description de géographies variées, qui sont encore là mais pour combien de temps ?

« Récemment, le Chef de l’Etat français s’était piqué d’infléchir le climat mondial quand il n’était pas même capable de protéger sa faune d’abeilles et de papillons. »

Un livre qui décrit avec lucidité l’état de nos campagnes les plus reculées, toutes vouées à disparaître ainsi que leurs traditions et terroirs. La mondialisation en marche permanente accompagnée d’une production exponentielle toujours plus forte, pulvérisant tout sur son passage sans se soucier des conséquences sociales et écologiques.

« Un des lointains premier ministre de la Vème République Jean-Marc AYRAULT période Anatole France, avait commandé en son temps un rapport sur l’aménagement des campagnes françaises. »

… « Parmi la batterie de mesures du rapport on lisait des choses comme le droit à la pérennisation des expérimentations efficientes et l’impératif de moderniser la péréquation et de stimuler de nouvelles alliances contractuelles » : « Quelle  était cette langue étrangère ? De quoi les auteurs de phrases pareilles nourrissaient-ils leur vie ? Savaient-ils le plaisir de s’essuyer la bouche d’un revers de la veste après une goulée de vin de Savoie, la jouissance de se coucher dans l’herbe quand la silhouette d’un oiseau égayait le ciel ? »

« Dans les cosaques de Tolstoï, un vieux soldat emmène dans la forêt de jeunes cadets russes sortis de l’école militaire. Ce sont de brillants officiers. Ils ont leurs diplômes, leurs sciences, leurs médailles, mais ils ne voient pas la trace des bêtes au sol, ils ne déchiffrent rien des signes du vent dans les arbres. Et le vieux a ce mot : « Ils sont savants, mais ils ne savent rien. »

Nous terminerons avec le témoignage lucide d’un paysan : « Vous voyez, j’ai été le fils puis le père d’un paysan. Entre les deux, la parenthèse d’une vie. On vivait avec quatre ou cinq vaches. On faisait trois Saint Nectaires par jour. Ils en font cent cinquante aujourd’hui. »

« Je n’avais pas mené l’étude nécessaire à comprendre la mécanique de ces phénomènes ni ne disposais de la puissance intellectuelle pour les analyser. Mais je pressentais que notre hôte soulevait-là un point crucial. Le sentiment de ne pas habiter le vaisseau terrestre avec la même grâce provenait d’une trépidation générale fondée sur l’accroissement. Il y avait eu trop de tout soudain. Trop de productions, trop de mouvements, trop d’énergies.

Dans un cerveau, cela provoquait l’épilepsie.

Dans l’histoire, cela s’appelait la massification.

Dans la société, cela menait à la crise. »

Sylvain TESSON est un grand voyageur, un géographe, un philosophe, un des rares en capacité de mettre sa vie en adéquation avec ses idées, ses principes.

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                                                                              Sylvain TESSON

 

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01 décembre 2018

"Les ronces" Cécile COULON

 

 

 

« La poésie, c'est quand le silence prend la parole »

               Georges Duhamel

 

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 Les ronces, une œuvre poétique en prose. Des photographies, des rencontres, des introspections, des paysages, des amours, l’autre, des ambiances, des lieux, des émotions, des souvenirs.

Une histoire, des histoires, peintes par les mots, par des moments forts, des rythmes. De la joie, de la mélancolie, de la solitude, la vie. Des textes qui frappent les cœurs, un chemin de ronces qu’il faut emprunter, un feu intérieur qui est la vie.

La poésie ne se commente pas, elle se vit, elle nous saisit, elle nous fait pleurer, rire, battre le cœur, elle est hors du temps, elle est beauté, appel au regard, philosophie du temps qui passe.

"  Je voudrais que la poésie soit aussi naturelle à ceux

   qui m’entourent que l’émotion

   qui jaillissait cette nuit-là, devant cette place,

   avec cette facilité improbable des moments qui n’auraient pas dû être,

   qui furent tout de même, mal fichus, débordants de grâce et de parole improbables."

   J’aimerais vous offrir des frites Les Ronces

 

"Il faudrait plus souvent dire aux êtres tristes

   que ce qui ne doit pas arriver

   généralement n’arrive pas"

  Une chanson particulière Les Ronces

 

" J’ai beau savoir que personne ne coïncide

   a soi-même, je continue de croire

   qu’il existe un endroit

   pur de toute innocence stupide

   où les hommes aveugles nous regardent

   droit dans les yeux "

  Croire Les Ronces

 

Enfin je terminerai sur ces quelques lignes magnifiques !

   "un poème c’est quelque chose

   d’éphémère et joli

   comme la signature d’un doigt

   sur la buée d’une vitre."

course-a-pied-cecile-coulon_4075649Cécile COULON

le recueil de poésies de Cécile Coulon, Les Ronces, a reçu le prix Guillaume-Apollinaire.

Depuis 77 ans que le prix existe, c'est la première fois qu'il est remis à une première oeuvre. Les Ronces (éd. Le Castor Astral).

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17 novembre 2018

"Les chiens de chasse" Jorn Lier HORST

 

 

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Un polar norvégien, décidément c’est un territoire qui inspire le roman noir. Jorn Lier Horst est un ancien policier (20 ans de service) qui écrit bien et sait capter l’attention du lecteur. L’histoire est originale.

William WISTING un policier consciencieux, se voit reprocher 17 ans plus tard d’avoir introduit des preuves pour faire condamner le suspect de l’époque, qui fut condamné à une lourde peine.

C’est ce suspect avec son avocat qui déclenche la procédure.

A partir de là, une nouvelle enquête commence, parallèlement une affaire similaire à lieu sur laquelle la fille de WISTING enquête en tant que journaliste. Deux affaires ayant manifestement un lien, sans temps mort, avec quand même un espace vie privé des protagonistes qui offrent un équilibre à l’histoire.

Prix 2018 du meilleur polar scandinave

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JL HORST nous explique les ressorts de son roman :

"Les Chiens de chasse repose en grande partie sur un vécu personnel et peut-être plus particulièrement sur mon travail lors de la plus grande affaire d’extorsion de fonds qu’ait connue la Norvège où, à l’instar de William Wisting dans le roman, j’ai été convoqué par la police des polices et accusé d’avoir produit de fausses preuves. J’ai évidemment été blanchi, mais en tant qu’enquêteur de longue date, il va sans dire que ça fait une drôle d’impression de se retrouver en salle d’interrogatoire de l’autre côté de la table et de devoir répondre à des questions."

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28 octobre 2018

Philosophons ce matin avec Arthur Schopenhauer

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Le bonheur et la sagesse selon Arthur Schopenhauer

Arthur Schopenhauer a tenté d’approfondir la philosophie pratique de Kant dans ses Aphorismes sur la sagesse dans la vie. Dans cette sorte de bréviaire de sagesse moderne, Schopenhauer emprunte autant aux Anciens (Sénèque, Epictète, Epicure) qu’aux Modernes (Kant, Fichte).

Schopenhauer et les 3 critères du bonheur : l’être, l’avoir, l’apparaître.

Schopenhauer affirme que 3 conditions expliquent les différences de bonheur entre les hommes :

1/ – ce que l’on est : la personnalité (le critère les plus important)

2/ – ce que l’on a : avoirs et la richesse (un minimum de possessions est nécessaire pour être heureux)

3/ – ce que l’on représente : notoriété, rang, honneur.

1/ Ce que l’on est.

La santé est la condition sine qua non du bonheur. L’être est ce qui importe le plus “nous nous accompagnons nous-mêmes tout au long de la vie” (contrairement aux richesses ou à la réputation qui peuvent changer).

Schopenhauer distingue deux types d’hommes : l’homme normal et l’homme intellectuel.

– Pour l’homme normal, la vie consiste à passer le temps, à accroître sa richesse extérieure. Or, cette dernière est éphémère, donc sa vie est une éternelle insatisfaction. Il se concentre sur les forces reproductives (manger, sexualité) et les jouissances de l’irritabilité (voyages, guerre). Autrement dit, l’homme normal se fuit, il vit en dehors de lui-même.

– Pour l’homme intellectuel, la vie est solitude choisie, source d’enrichissement intérieur, il se “suffit à lui-même” et n’a rien à attendre d’autrui. Ses activités sont celles de la sensibilité : penser et contempler font que “son centre de gravité tombe en lui-même

2 / Ce que l’on a.

L’homme intellectuel doit avoir très peu de choses car :

– il a appris à restreindre ses désirs

– l’absence de travail lui laisse le loisir de penser

L’homme normal fonde sa vie sur l’accumulation, sur le travail qui lui permet de chasser l’ennui

3/ Ce que l'on représente.

Chacun cherche à éviter le dédain ou l’humiliation, à obtenir l’opinion favorable d’autrui. C’est pourquoi l’opinion d’autrui est nuisible à notre bonheur. L’homme sage doit faire la part entre la valeur qu’il est en lui-même et la valeur qu’autrui lui attribue.La vanité est la base de cette volonté de reconnaissance. Le bonheur n’est pas à chercher dans la considération d’autrui car il s’agirait d’un bonheur externe, fluctuant, éphémère.

Pour échapper à autrui, le sage doit vivre seul, dans l’orgueil de sa propre valeur.

La définition du bonheur chez Schopenhauer : Une morale de l’ascèse.

Le bonheur, selon Schopenhauer, se mesure aux maux que l’on a évités, et non aux plaisirs que l’on a goûtés. Il ne faut pas vivre heureux, mais le moins malheureux possible, donc, la définition du bonheur chez Schopenhauer est par conséquent négative (cf. les stoïciens) :

– “L’erreur est infiniment moindre chez celui qui, d’un oeil trop sombre, considère ce monde comme une espèce d’enfer et n’est occupé qu’à s’y procurer un logis à l’épreuve des flammes

 

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