Iliade

L’Iliade est un texte qui couvre les 10 dernières années de la guerre de Troie. C’est un texte épique, poétique, mythologique, pour la première fois complet au 8ème siècle avant JC. Les acteurs sont des dieux et des humains. C’est une épopée légendaire attribuée à Homère. L’Iliade viendrait d’Ilion l’autre nom de la ville de Troie. Le poème est composé de 24 chants.

L’Iliade est un mythe qui repose sur la mort de PATROCLE guerrier grec ami d’ACHILLE.

Sur la mort d’HECTOR fils de PRIAM et de la reine HECUBE, héro troyen de la guerre de Troie, il est tué par ACHILLE qui veut venger la mort de PATROCLE, enfin sur la chute de Troie.

Les vers choisis sont des hexamètres, symbole de déséquilibre en comparaison des alexandrins.

L’origine de cette guerre, PARIS prince de Troie, fils cadet du roi PRIAM et d’HECUBE, frère d’HECTOR et de CASSANDRE, enlève HELENE femme de MENELAS. Le récit s’intensifie lorsqu’ACHILLE, choqué par la mort de son ami PATROCLE rentre dans une colère terrible que Zeus reconnaîtra et soutiendra. ACHILLE fait l’histoire.

A5255ACHILLE se lamentant sur la mort de PATROCLE

 

L’Iliade est un récit mythologique, c’est-à-dire qui rassemble les mythes en une unité recherchant des causes jusqu’aux causes premières. La première grande mythologie est la théogonie d’HESIODE. En mythologie les causes premières sont toujours deux, antagonistes (ciel terre, hommes dieux…).

 

Extrait du Chant VIII, ZEUS assoit son autorité et s’adresse aux dieux dans un discours fort

« L’aurore au voile de safran se répandait sur toute la terre

ZEUS foudre-amère réunit une assemblée de dieux.

Sur le sommet le plus haut de l’Olympe aux mille têtes.

Il leur parla, et tous les dieux l’écoutaient.

Ecoutez-moi, vous tous, dieux, vous toutes déesses.

Je vais vous dire ce qu’en moi mon cœur m’ordonne.

Que nulle divinité, femelle ou mâle,

N’essaie de s’opposer à mon dire, mais tous

Cédez, pour qu’au plus vite j’en finisse avec ces affaires.

Celui que je verrai, à l’écart des autres, volontairement,

Aller porter secours aux Troyens ou aux Danéens,

Battu hors de toute mesure il reviendra à l’Olympe.

Ou je le jetterai dans le brouillard du Tartare,

Très loin, là où le gouffre est le plus profond sous la terre.

Vous saurez que je suis le plus fort de tous les dieux.

Allez, essayez donc, dieux, et instruisez-vous.

Suspendez au ciel une chaîne d’or

Prenez-là en main, vous tous dieux, vous tous déesses ;

Vous ne tirerez du ciel sur la plaine

ZEUS le maître suprême, même en vous donnant du mal.

Mais si je voulais franchement tirer,

Je vous emporterais avec la mer et avec la terre ;

Je l’attacherais, et tout flotterait dans l’air.

Voilà comment je surpasse les dieux et les hommes.

Il dit, et tous demeuraient en silence,

Emerveillés par sa parole, la harangue avait été dure.

La philosophie ne fait pas partie de l’Iliade, car il y a absence de cause unique. La philosophie va chercher à faire sortir le multiple de l’un. Les dieux interviennent et se comportent comme des humains. La violence est quasi constante, mais il y a de rares exceptions, les obsèques de PATROCLE, d’HECTOR, la création du bouclier d’ACHILLE. Ce dernier texte est marqué par l’absence de dieux, et une joie de vivre, un interlude à la violence ambiante.

 

Le bouclier d’ACHILLE chant 18

« Il fait d’abord un grand bouclier, et solide,

Bien décoré partout, il y fixa une brillante bordure,

Triple, rayonnante, et un baudrier d’argent.

Le bouclier était fait de 5 plaques, il y mit

Pour l’orner plus d’un motif, par son grand savoir.

Il fit la terre et le ciel et la mer,

Le soleil infatigable et la lune en sa plénitude,

Et tous les signes qui étoilent le ciel,

Pléiades, Hyades, et la vigueur d’Orion,

L’Ourse qu’on appelle aussi chariot,

Qui tournant sur elle-même, surveille Orion,

Et seule n’a point part aux bains dans l’océan.

Il fit deux villes d’hommes éphémères

Belles. Dans l’une un mariage et un festin.

Les filles sorties de leurs chambres, à la lueur des torches,

On les menait par la ville, et l’on chantait partout « Hyménée »

Les garçons dansaient, tourbillonnants, pour eux,

Flûtes et cithares résonnaient. Les femmes,

Debout chacune sur son seuil, s’émerveillaient… »

Maurice HALBERWACHS écrit : « les lieux sacrés commémorent …non pas des faits certifiés par des témoins contemporains, mais des croyances nées peut-être non loin de ces lieux qui se sont fortifiées en s’y enracinant. »

Pierre VIDAL-NAQUET rappelle que « l’Iliade n’est pas le départ d’une religion, même s’il y a un culte d’HOMERE ce n’est pas le commencement d’un mouvement politique, même si l’on cherche des leçons politiques. C’est un livre. Encore faut-il préciser tout de suite que ce livre ne raconte pas la chute de Troie mais quelques journées de la 10 ème année du siège de la ville, entre la colère d’ACHILLE et les funérailles d’HECTOR. »

Quel est le rôle des dieux dans l’Iliade ?, ils sont là pour mettre les hommes face à leur finitude. Ils rappellent aux hommes que leur temps est compté et qu’il faut éviter de tomber dans l’Ubris.

Les dieux sont violents mais également des ornements poétiques. L’Iliade peut être lue avec un regard philosophique, il est légitime de s’interroger sur la conscience morale, par exemple ACHILLE après sa colère meurtrière, passe à de la compassion avec le père d’HECTOR, PRIAM, il y a là une trajectoire morale, dans le dernier chant PRIAM vient chercher le corps de son fils HECTOR, une humanité s’élève après toute ces violences, un pardon, ACHILLE rend hommage à la figure du père, la paix gagne.

 

ob_ca430b_homereHOMERE